La fête au Moyen-Age : expo à la Tour Jean Sans Peur

L’exposition 2013 de la Tour Jean sans Peur est consacrée à la Fête au Moyen Age.

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Au Moyen Âge, un jour sur trois est chômé en raison des fêtes.
Les célébrations religieuses rythment le calendrier, mais l’année est également riche en festivités profanes : les fêtes personnelles, communautaires et politiques sont prétexte à processions, joutes, tournois, festins…qui consolident sans cesse les liens sociaux. Au pied d’un mât de cocagne, au cœur d’un charivari, au milieu d’une farandole, sur un char bariolé, costumé en sauvage ou en fou, l’individu profite d’une vie qu’il sait précaire.

L’exposition est organisée selon 4 grands thèmes :

– Le calendrier chrétien

L’année médiévale compte une quarantaine de jours fériés liés aux fêtes religieuses et comporte deux grands cycles : Noël et Pâques.
Les fêtes sont si intimement liées à la vie quotidienne qu’à certaines (Épiphanie, Saint-Michel, Saint-Rémi…) sont associés les événements de la vie économique : les foires, la perception des impôts…

MASCARADES : Le travestissement fait partie intégrante de la fête. Le thème de la nature inspire de nombreux costumes comme le vêtement vert du premier mai ou bien celui de l’homme sauvage, en vogue dans les cours princières comme au «Bal des ardents» en 1393, durant lequel les costumes du roi Charles VI et de ses amis prirent feu !P1030639A d’autres moments, c’est l’inversion des rôles qui domine : les écoliers se déguisent en professeurs, les hommes en femmes…
Dans les cours, les fous voient leur vêtement évoluer. Simple tenue munie d’une capuche à grelot, il devient costume dépareillé, multicolore, complété par une coiffe en forme d’oreilles d’âne. Son accessoire d’origine, massue ou fléau, devient ensuite marotte à sa propre effigie.

– les fêtes personnelles

Les familles se réunissent lors des baptêmes, mariages et funérailles. charivaris par des groupes de jeunes gens aux costumes effrayants.

MARIAGE : A l’origine contrat civil entre deux familles et se déroulant à la maison, il devient un sacrement à partir du XIIe siècle. Durant les quarante jours qui précèdent le mariage, l’église enquête notamment sur les liens de parenté. Le mariage est consommé lors de la nuit de noces, dans la chambre bénie par le prêtre. Au petit matin, les invités servent aux jeunes mariés le chaudeau, un bouillon réparateur. Suivent plusieurs jours de festivités.
fete-mariage                                                                                      Un mariage. David Aubert, Renaut de Montauban,Flandre, vers 1465.
Paris, © Bibliothèque de l’Arsenal, ms 5075, f° 239 v°
Le seul anniversaire fêté est celui des morts, un mois après le décès puis renouvelé chaque année.

– Les fêtes communautaires

Lorsqu’arrivent les beaux jours, villes et villages fêtent les Rogations en déambulant à travers champs pour obtenir la protection divine sur les récoltes.
Le mois de mai voit aussi la célébration des premiers amours : les jeunes hommes plantent une branche d’arbre ou « mai » devant  la maison des jeunes filles en âge de se marier.
Liées à une communauté de fidèles ou à un métier, les confréries honorent leur saint patron par un défilé puis une messe, suivis d’agapes.

DANSES : Aux XIIIe et XIVe siècles, la danse la plus répandue est la carole, où groupes d’hommes et de femmes forment une chaîne ouverte ou fermée et où les femmes dirigent les pas.
Dans les milieux aristocratiques à la fin du Moyen Âge, les danses de groupes sont remplacées par des danses de couples comme la basse danse à la chorégraphie précise, lente et majestueuse.
Au même moment apparaissent les danses de spectacle telles les moresques, au rythme vif, dont dont les costumes évoquent les pays exotiques.fete-ronde                                                                                Ronde autour de l’arbre. Heures de Charles d’Angoulême, Angoumois, v. 1480.
Paris, © BnF, ms Latin 1173, f° 20 v°Dans la noblesse, les tournois permettent aux chevaliers nouvellement adoubés de prouver leur aptitude au combat.

Si la population organise des repas de fêtes assez simples (agneau pascal, crêpes de la chandeleur…), le seigneur tend à impressionner ses convives, notamment au moment de l’entremet, présenté au milieu du repas : entremet théâtral avec reconstitution d’une croisade, pâté géant d’où s’envolent des oiseaux, paon sur lequel on prononce un vœu…

– les fêtes politiques

A la fin du Moyen Âge, deux pouvoirs rivalisent d’imagination dans la conduite des festivités : la royauté et les villes.
Dès le XIIIe siècle, les villes s’emparent des joutes et tournois en se livrant bataille sur la grand place sur laquelle se déroule également le défilé des élites urbaines.
fete-tournoi                                                                                  Les trophées du tournoi. Quinte Curce, Histoire d’Alexandre, Bruges,1470,
Paris, © BnF, ms Français 22547, f° 104

Des chars aux machineries complexes agrémentent ces parades.

LES CHARS : Les chars, originellement simples charrettes portant des acteurs masqués, se transforment à la fin du Moyen Âge en machines plus complexes : en forme de bateau, de licorne, d’éléphant, de cygne…manipulés par des animateurs portant des costumes régis par le thème : un meunier pour le moulin, un équipage de marins pour une nef, voire une garnison complète pour un château.

La grande noblesse tient à rendre publics, lors de processions fastueuses, baptêmes, sacres et funérailles, mais également entrées dans les cités. Dans les rues jonchées de fleurs, lait ou vin coulent à profusion ; tableaux vivants et spectacles à automates animent ce joyeux avènement, savant mélange de propagande politique et de parade.

Renseignements pratiques :

Horaires :
Individuels
 (13h30 – 18h00) : 10/04/2013 – 10/11/2013, du mercredi au dimanche
Groupes : Tous les jours sur rendez-vous

Accès : 20 rue Étienne Marcel, 75002 Paris

consulter le site de la Tour  (certainement en cours de refonte car il est actuellement très « léger »).

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