1917, centre Pompidou, Metz.

C’est une exposition exceptionnelle qui prendra fin le 24 septembre.

Elle concerne l’année 1917 et la création artistique.

La première partie (Galerie 1) présente la création artistique en temps de guerre. On y voit donc les oeuvres de 1917 plus moins influencées par le conflit mondial. C’est l’occasion de voir des oeuvres magistrales comme celles de Nevinson (Paths of glory et beaucoup d’autres) ou de Valloton (Tableau de guerre interprété [sic] projections colorées noires bleues et rouges terrains dévastés, nuées de gaz, par exemple). On peut y admirer une série de dessins d’Otto Dix très intéressants sur le thème des tranchées et de la guerre. Beaucoup d’autres artiste sont à découvrir (peintures, photographies, sculptures…), et tous ne sont pas forcément influencés par la guerre.

C. Nevinson, Paths of Glory

Otto Dix, Cimetière militaire entre les lignes

On peut aussi admirer de nombreuses affiches de propagandes, des extraits de film (Charlot par exemple, ou des films montrant la production industrielle de guerre). Il y a aussi des objets sculptés par les poilus dans les tranchées.

La deuxième partie (Grande nef) s’articule autour des thèmes de la déconstruction et la reconstruction. Ce ne sont pas seulement des oeuvres artistiques que l’on peut voir mais aussi de nombreux objets en rapports avec les blessures de guerre (appareillages, moulages très impressionnants des blessures des « gueules cassées », etc). Le point d’orgue de cette partie est constitué par le rideau de scène Parade de Picasso, qui n’a pas été exposé en France depuis 20 ans.

On peut aussi voir un montage de films d’archives très intéressant sur le conflit, malheureusement pas disponible à la vente.

Je conseille vivement l’achat du catalogue de 600 pages qui est une mine pour le professeur d’histoire que ce soit pour des documents « historiques » mais aussi l’histoire des arts.

Exposition itinérante De Gaulle Adenauer.

Cette exposition en Français et en Allemand est visible actuellement à Reims au Palais du Tau du 8 juillet au 31 août 2012, elle sera à Ludwigsburg (Allemagne) du 8 septembre au 31 octobre 2012

puis d’après le site  de la fondation Charles de Gaulle 

  • Brême (Allemagne) : 20 janvier – 30 mars 2013
  • Compiègne : novembre 2012
  • Invalides (Paris) : 11 juillet – 30 septembre 2012
  • Lille : 22 novembre 2012 – 30 septembre 2013
  • Limoges : 2 janvier – 8 février 2013
  • Mulhouse : 21 janvier – 8 février 2013
  • Saint-Quentin : Mai 2013
  • Sedan : 15 octobre – 15 novembre 2012
  • Warendorf (Allemagne) : 10-22 mars 2013

Le 50ème anniversaire de la signature du traité de l’Elysée doit être l’occasion, en janvier 2013, de célébrer l’amitié franco-allemande et d’insister sur son importance pour l’avenir.
C’est dans cet esprit que la Fondation Charles de Gaulle et la Fondation de la Maison du Chancelier Adenauer à Rhöndorf ont conçu l’exposition  « De Gaulle-Adenauer : les bâtisseurs de l’amitié franco-allemande » autour de trois « moments » distincts permettant au visiteur de comprendre le lien entre le passé de l’amitié franco-allemande, son présent et son avenir.

La première partie de l’exposition retrace les itinéraires des deux hommes d’Etat qui ont voulu cette réconciliation. De éléments particuliers de chacune des biographies sont mis en relief  par un système de cubes pivotants.

Biographie de De Gaulle

Biographie d’Adenauer

Puis, l’exposition étudie la naissance du premier des couples franco-allemands, de la rencontre de Colombey-les-deux-Eglises les 14 et 15 septembre 1958 à la signature du traité de l’Elysée, le 22 janvier 1963. Les deux dirigeants nourrissaient l’un pour l’autre une estime exceptionnelle. Les deux voyages « jumeaux » d’Adenauer en France (juillet 1962) et de De Gaulle en Allemagne (septembre 1962) avaient le même objectif : organiser la rencontre des peuples avec cet ambitieux projet de réconciliation entre la France et l’Allemagne. On peut donc voir des images de ces voyages : Reims, le 8 juillet 1962, et Ludwigsbourg, le 9 septembre 1962.

La troisième partie de l’exposition s’organise symboliquement autour du traité de l’Elysée. Signé le 22 janvier 1963, il a accouché, directement ou non, de nombreuses réalisations dans les domaines économiques, éducatifs ou culturels par exemple. Grâce à lui, depuis 1963, les destins de la France et de l’Allemagne se trouvent tout particulièrement liés, et placés au coeur de la construction européenne.

On peut à la fois lire le Traité , en voir la dernière page avec les signatures, mais aussi faire tout un parcours sur les relations franco-allemandes  depuis cette époque, à la fois par des textes, des photos mais aussi des petites vidéos. C’est très éclectique et chacun y  trouvera son compte : institutions, Euro, OFAJ, jumelages, Eurocorps, politique étrangère commune sont des exemples des thèmes traités.

On termine par de grands posters des différents « couples franco-allemand » des chefs d’etats jusqu’à la rencontre de mai 2012 entre angela Merkel et François Hollande, et en parallèle des photos de « couples franco-allemand » de citoyens.

Une exposition instructive, assez fournie et permettant de connaître certains aspects des relations franc-allemandes.

Il est cependant assez regrettable que cette exposition soit très peu signalée à la fois à l’extérieur du Palais du Tau mais aussi à l’intérieur, il faut vraiment demander pour qu’on l’indique !

Pour les enseignants munis du Pass éducation l’entrée est gratuite.

La Rafle du Vél d’Hiv’. Les archives de la Police, exposition à la mairie du 3è arrondissement de Paris.

Dans le cadre des commémorations du 70ème anniversaire de « la rafle du Vél’ d’Hiv' », la mairie du 3ème arrondissement de Paris présente du 18 juillet au 15 septembre 2012 une exposition  rassemblant quantité d’archives de la Préfecture de Police de Paris qui jusque là n’avaient pas été montrées.

Charles Tremil, le président de l’association « Histoire et mémoire du 3e » est à l’origine de cette exposition,une partie de sa famille a été appréhendée en juillet 1942, lors de la rafle du Vel d’Hiv.

Composée de notes, relevés de recensement, listes d’émargement, comptabilité des biens ainsi que de très nombreux autres documents sur l’histoire de la période cette exposition est organisée en partenariat avec la mairie du 3ème arrondissement, l’association Histoire et Mémoire du IIIème, et le service de la mémoire des affaires culturelles de la Préfecture de Police.

L »espace de cette exposition est très réduit, une salle sur le palier du 1er étage de la mairie alors que les documents exposés sont nombreux et denses.

Ces documents n’auraient pas dû parvenir jusqu’à nous , car le 6 décembre 1946, au lendemain de la Libération, le ministère de l’Intérieur ordonne aux préfets la destruction des documents « fondés sur des distinctions d’ordre racial entre Français ». Pour une raison inconnue, cela n’a pas été fait dans le cas du 3è arrondissement.

Différentes petites vitrines présentent de aspects variés de cet évènement :

Avant la rafle on peut comprendre comment la vie des juifs était peu à peu contrôlée.

– l’arrivée des allemands, la collaboration
On nous présente des éléments de la vie quotidienne comme les restrictions concernant l’éclairage mais aussi les services administratifs avec le service des affaires juive set le fichier juif  puis les services actifs qui étaient le moteur de la répression et de la persécution : les brigades spéciales des RG et le service des affaires juives de la Police Judiciaire.

– le recensement de 1940 dont celui des entreprises juives : une ordonnance des autorités occupantes enjoint aux Israélites de faire procéder à leur recensement au commissariat le plus proche. A Paris et en banlieue, 150.000 personnes sont listées.

– la remise des postes de TSF : Le 13 août 1941, les juifs sont obligés de déposer leur poste de TSF au commissariat de police. C’est la police française qui est chargée d’appliquer cette ordonnance des autorités nazies

– le port de l’étoile

Puis un ensemble de documents concerne la circulaire du 13 juillet 1942, qui fixe les modalités et le déroulement de la Rafle du Veld’Hiv

En 9 pages  l’organisation de l »‘opération » y est minutieusement décrite, aucun détail n’est négligé.  « Les équipes chargées des arrestations devront procéder avec le plus de rapidité possible, sans paroles inutiles et sans commentaires. En outre, au moment de l’arrestation, le bien-fondé ou le mal-fondé de celle-ci n’a pas à être discuté« . On trouve pour chaque commissariat le nombre de policiers nécessaires, celui des bus à utiliser …

Les autorités misent sur 27.000 arrestations. 13.152 ont effectivement lieu.

D’autres documents montrent comment s’est déroulée cette rafle :
Le 16, l’état-major de la Préfecture de police  signale que « l’opération contre les juifs », commencée à 04H00 du matin, est « ralentie par beaucoup de cas spéciaux : beaucoup d’hommes ont quitté leur domicile hier ; des femmes restent avec un tout jeune enfant ou avec plusieurs ; d’autres refusent d’ouvrir, il faut faire appel à un serrurier (…) l’opération est lente« .

Des télégrammes  témoignent de l’avancement de « l’opération ». Le 21, une note détaille le bilan des « opérations de ramassage des juifs » : « Hommes 3.118, femmes 5.919, enfants 4.115, soit au total 13.152 arrestations« .

Le 17 à 22 h 15, un cri d’alarme transparaît à travers ‘une note policière : « Mme Gautier, infirmière de service au Vélodrome d’Hiver, téléphone sur le conseil du secrétariat du préfet de la Seine pour demander à la PP de mettre à sa disposition des couvertures, bassines et cuvettes dont les internés ont le plus grand besoin« .

Enfin, le 22 au matin, un télégramme bref signé « Lambeau » : « 08H40 – Opérations terminées définitivement au Vel d’Hiv à 08H30 – Vel d’Hiv évacué en totalité« .

– le camp de Drancy où sont emprisonnés une partie des juifs raflés est aussi évoqué avec en particulier un document où l’on voit que des arrestations se faisaient place Stalingrad à Paris au départ du bus 51 pour empêcher des gens d’aller sur place parler à leurs proches devant les barbelés du camp.

Une dernière partie est consacrée au dépôt de la Préfecture de police où transitaient de nombreux juifs arrêtés avant d’être emmenés à Drancy et aux policiers qui ont résisté et dont certains sont devenus des « justes ». Ils n’appliquaient pas les ordres, prévenaient les gens des arrestations imminentes. Par exemple Louis Huet :  les documents consistent en un rapport où on lui refuse le droit de se présenter au concours d’inspecteur car son manque de coopération avec la hiérarchie lui est reproché . Son collègue Olivier Belbéock sera proclamé « juste » dans les années 80.

Des documents précis, concrets qu’on lit avec beaucoup d’attention.

Un catalogue a été édité sous la direction de Charles Trémil : il permet d’avoir la reproduction de certains documents : la circulaire du 13 juillet, des notes envoyées au cabinet du préfet pour l’informer du déroulement des « opérations », quelques pages du registre de recensement de la population et c de celui des entreprises israélites.
Il comporte aussi un texte de Serge Klarsfeld introduisant l’exposition ainsi qu’un autre de Laurent Joly, chargé de recherche au CNRS « un regard policier sur Paris, sous l’Occupation »

Ressources en ligne :

– Quelques photographies sur le site de la Préfecture de police

Une vidéo tournée lors du vernissage de l’exposition

L’exposition est ouverte du lundi au vendredi de 8h30 à 17h et le samedi de 9h à 12h30 à la mairie du 3è arrondissement 2, rue Eugène Spuller à Paris (métro Temple).