expo : Reims capitale mérovingienne.

Une belle exposition se tient en ce moment et jusqu’au 29 juillet 2012 au musée St Remi à Reims. elle est intitulée « Reims capitale mérovingienne ». Elle est organisée à l’occasion du 1500e anniversaire de la naissance du royaume franc de Reims 512 – 2012

Quelques repères historiques : 

A la mort du roi Clovis, le 27 novembre 511, son royaume était partagé entre ses quatre fils selon la coutume des Francs.
Les trois fils de Clovis et de Clotilde, encore enfants, reçoivent le royaume d’Orléans pourClodomir, le royaume de Paris pour Childebert et celui de Soissons pour Clotaire.

L’aîné, Thierry, seul adulte de la fratrie et issu d’une première union entre Clovis et une princesse rhénane qui fut sa concubine, hérite de la part la plus importante ; le royaume ainsi modelé se compose des actuels Palatinat, Rhénanie, Luxembourg, Lorraine et Champagne auxquels est rattachée l’Auvergne !
Sous le nom de Thierry 1er (Théodoric), le nouveau roi, soucieux de s’inscrire dans la continuité historique de son père et de profiter du prestige qui s’y attache, choisit Reims comme capitale.

Le Musée Historique Saint-Remi de Reims et le Musée municipal de Saint-Dizier se sont associés pour présenter cette exposition, en collaboration avec l’Inrap, afin de commémorer la naissance de cette entité territoriale qui perdura sur une soixantaine d’années au long du VIe siècle.
Le musée St Remi renferme une collection mérovingienne importante , à celle-ci sont associées des découvertes récentes. En effet, en 2002, au sud-est de l’agglomération de Saint-Dizier, une fouille préventive de l’Inrap au lieu-dit « La Tuilerie », mit au jour trois riches tombes appartenant à la haute aristocratie franque du royaume de Reims !

L’exposition :
Elle se présente en deux parties, la première commence dans la salle mérovingienne du musée où les collections permanentes présentent des sarcophages, des objets de la vie quotidienne. pour plus de détails, voir les photos de la base académique de Reims 

La seconde partie, dans la galerie des arcs-boutants, présente les découvertes archéologiques de Saint Dizier.


Une reconstitution de chacune des trois sépultures est présentée. Les personnages sont montrés avec leurs vêtements, dans leur tombe, tels qu’ils étaient lors de leurs funérailles. A chaque fois, des informations précises sont apportées et des vitrines permettent de voir tous les objets authentiques qui formaient le mobilier des tombes.

On commence par « la dame de Saint Dizier », jeune femme d’environ 18 ans. Elle reposait dans un cercueil de chêne sur lequel étaient déposés une coupe, un flacon en verre, un bassin en bronze et une poterie. Elle avait des bijoux et son ADN prouverait qu’elle avait un lien de parenté avec le second personnage.

Le ‘jeune chef » était âgé d’une trentaine d’années, il était de grande taille car mesurait 1,82m. Son cercueil était déposé dans une chambre funéraire cloisonnée de planches. Il était habillé avec de riches accessoires vestimentaires, une panoplie d’armes  et son cheval était dans une fosse à proximité. Son épée par exemple, possède un double anneau en argent doré fixé sur le pommeau. Ces anneaux retrouvés dans de très riches tombes du VIè siècle  dans le Nord-Ouest de l’Europe symbolisent un lien d’homme à homme. les tombes royales n’en possèdent pas, l’anneau était donc réservé à une élite, rattachée à une autorité plus haute.

Le « patriarche » était inhumé de la même manière que le plus jeune. Agé d’une cinquantaine d’années, il avait des problèmes de santé (relatif embonpoint et diabete). Parmi les objets déposés autour de lui, on remarque un seau au riche décor en bronze gravé.

L »exposition s’achève par la conclusion permettant de rattacher ces tombes au faciès archéologique des tombesdites “de chefs francs” du début du VIe siècle.

Renseignements pratiques :

– Le musée St Remi est à Reims  au 53 rue Simon.
tél. :  03.26.35.36.90
Du lundi au vendredi de 14 h à 18 h 30.
Samedi et dimanche de 14 h à 19 h.
Accès depuis Paris Par l’A4
ou 45 min. en TGV à partir de la gare de l’Est.

– L’exposition est visitable par tous petits et grands, des livrets/découverte pour le jeune public sont donnés à l’entrée du musée (pour les plus de 4 ans (avec des observations et coloriages) et pour les plus de 10 ans (l’aide des parents est parfois bien utile).

– Pour avoir toutes les informations sur les animations, ateliers, conférences  prévus autour de cette exposition : pour les petits et les grands : un programme très riche est prévu jusqu’en juillet 2012.

Pour télécharger le livret de l’exposition

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Arles, les fouilles du Rhône

Lorsque nous avons étudié la conquête de la Gaule avec mes 6è, Jules César a été un objet de discussion. Et quand je leur ai dit qu’on avait retrouvé un buste qui était certainement un véritable portrait, ils ont voulu le voir. C’est une des raisons pour lesquelles je suis allée voir la petite exposition au Louvre, intitulée : Arles, les fouilles du Rhône. un fleuve pour mémoire. Je pensais faire la queue mais nous étions peu nombreux ce matin-là. L’exposition est dans un recoin du musée dans l’Aile Richelieu et on peut la voir jusqu’au 25 juin 2012.
Pas le droit de prendre de photos, encore moins d’en mettre en ligne, j’ai juste l’affiche heureusement sinon mes 6è seront déçus !

Les fouilles archéologiques menées depuis plus de vingt ans dans le Rhône à Arles ont permis de mettre au jour des objets inestimables pour comprendre et reconstituer l’histoire du port de l’antique Arelate.

L’exposition reprend une partie des éléments montrés lors de l’exposition du musée d’Arles en 2009, César, le Rhône pour mémoire ainsi que d’autres objets issus des collections du Louvre, du musée d’Avignon et de celui de Turin.

Que peut-on voir ? 

Dans un parcours qui présente la ville portuaire d’Arles, les fouilles  dans la partie urbaine du  Rhône dont  le quartier de Trinquetaille, les fouilles entre Arles et les Saintes- Maries-de-la-Mer.

On peut ainsi voir le bas-relief du musée d’Avignon présent dans beaucoup de manuels de 6ème et montrant le transport du vin, mais aussi de la vaisselle de bord des marins, des amphores dont les étiquettes indiquent qu’elles contenaient de la sauce de poisson. On apprend même  la qualité de cette sauce  « excellente » avec 4 ans de fermentation et la contenance de 62 litres. Elle était commercialisée par un négociant Quintus Statius Rufus déjà connu par ailleurs.
Pour le quartier de Trinquetaille, les objets exposés sont plutôt des fragments de sculptures, de reliefs votifs.
Enfin les fouilles subaquatiques entre Arles et la mer ont permis de localiser plusieurs épaves piégées par les bancs de sable au large des Saintes- Maries-de-la-Mer. les perspectives de découvertes futures sont semble-t-il assez importantes.

Mais ce qui fait le « clou » de cette exposition c’est le fondateur d’Arles : Jules César. C’est un buste,  identifié comme César découvert en prospection subaquatique par Luc Long en 2007 dans le lit du Rhône, rive droite. 50-40 avant J.-C.. Il est en marbre du Dokimeion. (Phrygie, actuelle Turquie).

L’apparence physique de Jules César (101-44 avant J.-C.) nous échappe presque complètement. Malgré les descriptions littéraires, aucune sculpture ne porte une inscription antique permettant une identification certaine. Seules des monnaies frappées de son vivant montrent un homme au long cou ridé, au menton petit mais prononcé, aux joues creuses. Depuis la fin du XIXe siècle, les savants ont donc cherché à identifier son portrait en marbre à partir de ces indices. Et cette fois il semble donc que c’est bien lui.

L’exposition présente différents bustes dont celui de Turin, aux côtés du « César d’Arles » et analyse précisément les caractéristiques.

Plusieurs autres pièces ont  un traitement particulier :

Le Gaulois captif d’Arles. Cette représentation en bronze d’un captif, les mains ligotées dans le dos doit appartenir à un monument commémorant la conquête des Gaules par César.

La Victoire d’Arles
Ce très rare relief d’applique en bronze doré a pu orner un édifice public d’Arles, les écoinçons d’un arc de triomphe par exemple.
Elle a été mise en parallèle avec la frise des dauphins conservée à Vienne (Isère) qui offre des éléments de comparaison aussi bien pour la fonte que pour la dorure. Ces dauphins ont été découverts fortuitement en 1840 dans le Rhône

Le mode de fabrication de ces oeuvres a été analysé et nous est présenté dans un  petit film : « De bronze et d’or, le captif et la victoire du Rhône »

En conclusion, une exposition à voir, des documents intéressants pour nos cours de 6ème, mais pour avoir des photos il faut acheter l’album de l’expo. Heureusement avec le Pass education l’entrée du musée et de l’expo sont gratuites pour les enseignants !
Seule ressource en ligne et bien cachée : le dossier de presse.