Expo à la cité de l’architecture : Circuler. Quand nos mouvements façonnent les villes.

Une exposition- fleuve à la cité de l’architecture jusqu’au 26 août 2012.

L’exposition raconte l’histoire de l’organisation des espaces des villes avec les transports.

On peut visiter autrement l’exposition en empruntant gratuitement à l’entrée un  Smartphone  pour approfondir les thématiques développées : on peut soit lire des informations complémentaires, soit les écouter. J’ai demandé cet engin en arrivant car j’avais vu la possibilité sur le site de la Cité, mais en le rendant 2h plus tard, je me suis aperçue que personne n’en avait emprunté depuis mon passage !
J’ai trouvé plus souple cet outil qu’un audio-guide classique car l’écoute est trop longue et lire les infos m’a semblé plus adapté à mon mode de fonctionnement.

D »après le dossier de presse c’est la première fois qu’une telle application est mise en œuvre pour une exposition

Voici les thèmes abordés lors de cette exposition pour laquelle il faut prévoir 2h. J’ai utilisé quelques extraits de l’excellent dossier de presse auxquels j’ai ajouté quelques commentaires personnels.

1 – À pied, À cheval, en bateau
Au tout début, on commence par traverser une rue du Moyen Âge (des bruits sont présents), on arrive à la Renaissance puis au xixe siècle. On regarde dans des petites fenêtres aménagées dans le décor.

2- La voie ferrée
Les gares sont les vedettes de cette séquence. Elles sont les « portes » des villes.

3- Tous les transports mécaniques
Le tramway, l’automobile, l’autobus, la bicyclette, le métro, l’ascenseur sont présentés.

4- Les utopies
Certains architectes ou illustrateurs proposent dès les années 1910 d’organiser autrement les villes en fonction de toutes les nouvelles possibilités d’y parvenir et d’y circuler.

5- La ville éclatée
Pourque tous les modes de transport puissent être pleinement efficaces sans se gêner mutuellement, on imagine que tous les réseaux qui irriguent la ville seront spécialisés par mode de transport. On trouvera ainsi des rues pour piétons, séparées des voies pour bus, séparées de celles pour les automobiles qui deviendront d’ailleurs des routes puis des auto-routes en pleine ville. Sans oublier les aéroports.

Personne, y compris les concepteurs, ne porte plus guère attention à ces lieux où l’on ne fait que passer, qualifiés assez tristement de « lieux de transit », la vie urbaine est censée se dérouler ailleurs.

La ville entre alors dans l’une des crises les plus terribles de son histoire, qui prend des proportions catastrophiques dans les pays en développement où l’afflux de population rurale dans des villes où la circulation est soit quasi impossible, soit dissociée des espaces de la mise en relation entre les habitants, ne génère que pauvreté et détresse.

6- Le cinéma

C’est un moment de pause où le visiteur peut aller à sa guise d’une petite cellule à une autre et enfin s’asseoir pour regarder des projections et extraits de films de fictions et des Archives Gaumont Pathé.   Il peut aussi consulter de nombreux ouvrages sur le sujet.

7- Les 1ers projets de renouveau

La recomposition de la ville autour de toutes les circulations qui la font vivre va commen- cer en France en 1975.
C’est là qu’on voit réapparaître le tramway, puis le train avec les TGV.

Autour de ce train, les gares retrouvent leur rôle de portes d’entrée dans les villes, et, du coup, de lieu de convergence de tous les transports inventés au cours du xxe siècle qui permettent de rejoindre aisément tous points de celles-ci.

8- Kaléïdoscope de l’homme en mouvement :

Il s’est produit au milieu des années 1990 un phénomène aussi massif que rapide qui allait bouleverser la pratique des espaces où l’on circule : le développement des appareils de communication portables.

La mise à disposition du grand public de cette invention  allait avoir deux conséquences sur la vie des gens en mouvement. La première était la gestion possible par chacun, en temps réel, de ses manières de se déplacer, complément normal du retour de la multiplicité des modes de transport. La deuxième était la possibilité de continuer ses activités tout en circulant : travailler, discuter avec un ami au loin, faire ses courses sur internet, écouter de la musique, jouer, etc. Bref, de faire du temps où l’on bouge un temps de vie à part entière.

Alors la ville, lieu de la mise en relation, apparaît sous un jour nouveau, à la fois espace physique et numérique.

9 – La ville recomposée.

Cet espace vaste essaye de montrer les tendances qui sont en train de bouleverser les villes. Les projets évoqués ici montrent comment, à travers la planète, des responsables de villes, des concepteurs, des investisseurs, mettent en place des facilités de se mouvoir et des espaces où l’on passe qui sont en même temps des lieux où l’on peut vivre un temps de vie urbaine.

Les enfants ne sont pas oubliés puisqu’à l’entrée un petit livret est disponible, il est bien utile aussi pour les parents.
Et surtout un espace leur est consacré avec une ville en Lego, les parents aussi peuvent jouer.

Pour les enseignants d’histoire géographie c’est vraiment très utile, pour mettre en perspective par exemples une étude de cas sur le tramway dans le cadre du nouveau programme de 3è.

Pour s’y rendre : 

Palais de Chaillot / 1 place du Trocadéro / Paris 16è
Ouverture tous les jours de 11h à 19h – le jeudi jusqu’à 21h – fermeture le mardi

Consulter le site 

Une vidéo courte sur You Tube permet de se faire une bonne idée de la présentation de cette exposition à ne pas manquer.

Publicités

Visite insolite : les égouts de Paris

Aujourd’hui Paris est dotée d’un réseau d’égouts unique au monde, composé de 2100 km de galeries techniques. On peut en visiter une petite portion en se rendant à côté du pont de l’Alma, face au 93 quai d’Orsay. Un petit kiosque matérialise l’entrée dans ce territoire particulier, narines sensibles s’abstenir !

Un peu d’histoire :

Jusqu’au XIXè siècle l »évacuation des eaux usées pose problème à Paris. Quelques aménagements ont été réalisés sous le règne de Louis XIV puis le 1er réseau d’égoûts voûtés sous Napoléon 1er (30 km)

Les travaux de l’époque d’Haussmann ont permis la mise en place de l’essentiel du réseau d’assainissement de la ville en même temps que celui de l’eau potable. C’est l’ingénieur Eugène Belgrand qui est chargé de ce travail.

Qui était Eugène Belgrand ?

Un ingénieur des Ponts et Chaussées, qui par ses travaux en Bourgogne Etudes hydrologiques sur le bassin supérieur de la Seine avec ensuite l’alimentation de plusieurs villes de l’Yonne grâce à la dérivation d’eaux de source, est appelé à Paris par Haussmann dont il devient l’un des principaux collaborateurs. Il le nomme en 1852 ingénieur en chef de la navigation de la Seine entre Paris et Rouen, puis en 1856, directeur du services des eaux de la ville de Paris. En 1867 il est Directeur du service des eaux et égouts de Paris. En 1871, il reçoit la croix de commandeur de la légion d’honneur pour avoir continué à assurer pendant le siège de Paris, malgré les difficultés, le mouvement des eaux, des égouts et des vidanges.

Il a étudié l’histoire de l’alimentation en eau de la ville de Paris depuis l’époque gallo-romaine jusqu’à la fin du XVIIIè siècle. Au cours des travaux d’aménagement qu’il a dirigé il a mis au jour des objets, traces des premiers habitants du bassin parisien. C’est donc aussi un géologue, un archéologue et un collectionneur.

Mais ce qu’on lui doit principalement c’est la conception et la mise en œuvre de l’alimentation en eau de Paris avec la recherche des sources, la conception des aqueducs, des réservoirs et du réseau de canalisation nécessaire pour acheminer l’eau chez tous les parisiens. Il est également le « père » du réseau d’égouts modernes parisien. C’est un réseau conçu selon un principe novateur  à savoir des galeries visitables qui permettent une mise en place et un entretien facilités. La longueur de ce réseau atteindra 600 km en 1878.
Les successeurs de Belgrand complètent et développent le réseau parisien : plus de 1000 km d’ouvrages nouveaux sont réalisés entre 1914 et 1977.

 Que visite-t-on aujourd’hui ?

On réalise un parcours dans des galeries en fonctionnement mais sécurisées.
C’est intéressant d’avoir une visite guidée car les éléments techniques ne sont pas toujours évidents à saisir.
Un musée intégré à une galerie permet de connaître l’histoire des égouts avec des maquettes, des panneaux d’explication.
Voici quelques informations issues de la visite guidée que j’ai suivie et qui est asssurée par des égoutiers.
Le réseau d’égouts  est une ville sous la ville : à chaque rue correspond une galerie : des plaques affichées sur les parois indiquent le nom de la rue et mêmes les numéros d’immeubles correspondants.
L’ensemble des égouts de Paris est interconnecté selon une hiérarchie  (source wikipédia car je n’avais pas tout noté lors de la visite guidée)
– branchements particuliers (de chaque immeuble) ;
– égouts élémentaires (1,30 mètres de large), sous chaque rue ;
– collecteurs secondaires (trois mètres de large)
– collecteurs principaux (de cinq à six mètres de large), en général sous les boulevards ;
– émissaires (égouts ronds de 2,5 à 6 mètres de diamètre, non visitables) transportant les eaux usées vers les stations d’épuration.
Les eaux s’écoulent par simple gravité jusqu’à l’usine d’Achères à l’Ouest de Paris.

Les techniques de nettoyage sont toujours les mêmes depuis le XIXe siècle. On utilise le principe de la chasse d’eau. On bloque une cavité que l’on remplit d’eau. Lorsque la quantité d’eau est importante, on ouvre une vanne par laquelle l’eau sous pression va s’engouffrer. Les déchets sont alors entraînés dans l’égout. C’est ce qu’on appelle « l’effet de chasse ».

Les rats dans les égouts sont nombreux mais utiles. Il y 4 millions de rats d’égout, soit pour un Parisien il y a deux rats.  L’utilité c’est qu’ils peuvent manger jusqu’à deux à trois fois leur poids par jour. Ils permettent le nettoyage de 50% des déchets contenus dans les égouts.

Le métier d’égoutier :

Quand ils descendent dans les galeries les égoutiers travaillent par équipe et descendent à tour de rôle. À la surface, un des leurs reste posté comme «garde d’orifice» il doit parfois rester en poste plusieurs heures, même en plein hiver. Il est là pour prévenir ses collègues d’un danger comme par exemple une forte pluie qui peut provoquer la montée des eaux.
L’égoutier qui doit ressortir peut le faire très vite, il y a une bouche d’égout tous les 50m.
Les égoutiers respirent les émanations de tous les déchets qui sont dans les égouts et d’après un rapport de l’Institut national de la santé et de la recherche médicale, l’Inserm, et de la Mairie de Paris, paru en 2010, un égoutier vit dix-sept ans de moins qu’un travailleur lambda et meurt en moyenne sept ans plus tôt qu’un ouvrier de Seine-Saint-Denis. L’âge de  départ à la retraite est de 52 ans mais ils sont victimes de nombreuses maladies.

Des ressources en ligne :

Pour compléter, on peut se rendre au pavillon de l’eau où cette fois on trouvera toutes les informations sur l’eau potable et une exposition permanente