expo : les miniatures flamandes à la Bnf

Vous n’avez jamais vu de manuscrits enluminés ?
Vous aimez les manuscrits enluminés ?

Alors vite allez voir la magnifique exposition à la Bibliothèque nationale de France, site François Mitterrand.

Cette exposition est organisée en collaboration avec la Biblitothèque royale de Belgique. Pourquoi ?

Les anciens Pays-Bas méridionaux comportaient de nombreux territoires, progressivement réunis sous l’autorité des ducs de Bourgogne. Au cours du siècle, Philippe le Hardi, Jean sans Peur, Philippe le Bon et Charles le Téméraire gagnèrent peu à peu en indépendance et constituèrent une entité territoriale autonome étendue, correspondant au Nord de la France et à l’actuelle Belgique.
L’ensemble des œuvres qui y virent le jour sont dites « flamandes ». Le mot, employé dans son sens le plus large, ne concerne donc pas seulement le comté de Flandre.

La bibliothèque des ducs de Bourgogne est à l’image de leur puissance. Amateurs d’art et de littérature, ils se constituent peu à peu une bibliothèque aussi riche que diversifiée.  C’est aussi une manière d’asseoir leur autorité. Et les courtisans suivent leur exemple.

L’exposition parcourt donc une période qui commence sous le règne de Jean sans Peur (1404) et s’achève avec la disparition de Marie de Bourgogne (1482), dernière héritière de la dynastie bourguignonne.

Les deux organismes se sont donc associés pour présenter en deux expositions 90 manuscrits. La 1ère expo a eu lieu fin 2001 à Bruxelles et la seconde se déroule jusqu’au 10 juin 2012 à la BnF sur le site François Mitterrand.

Deux ouvrages issus chacun de l’une des bibliothèques, sont particulièrement mis en valeur :
La Vie de sainte Catherine d’Alexandrie, a été réalisé à la fin du Moyen-Âge pour Marguerite d’York, sœur du roi d’Angleterre Edouard IV et épouse de Charles le Téméraire. C’est un manuscrit inédit de Simon Marmion, l’un des plus grands enlumineurs du XVe siècle. Il comporte entre autres quatorze miniatures, accompagnées de bordures décorées de fleurs et de rinceaux, illustrant les épisodes de
la vie de sainte Catherine d’Alexandrie. Il a été acquis en 2011 par la BnF grâce au mécénat et avait été classé « trésor national » en 2008

Les Chroniques de Hainaut.  Commandé par Philippe le Bon ce manuscrit est aujourd’hui à la Bibliothèque royale de Belgique. En 1446, le duc a en sa possession la Bourgogne, la Franche-Comté et la Flandre dont il a hérité  mais aussi d’autres possessions couvrant les anciens Pays-Bas méridionaux, en particulier le Hainaut confisqué à force de persévérance à sa cousine Jacqueline de Bavière. Sa puissance et sa fortune dépassent celles du roi de France. et le frontispice de ses chroniques le met en valeur dans une scène « d’hommage vassalique ». Le commentaire complet de cette enluminure, la seule connue de Roger Van der Weyden est disponible sur le site en téléchargement soit audio soit en fichier pdf

L’exposition est organisée selon 3 thématiques : les pratiques des enlumineurs, les commanditaires et une galerie d’artistes.

1ère thématique : Les pratiques des enlumineurs.
Quatre centres d’intérêt permettent de découvrir les techniques de l’enluminure : Un art de la narration, les œuvres collectives, la grisaille et un exemple de Philippe de Mazerolles, libraire et chef d’atelier.

La miniature utilise deux techniques. La peinture sur parchemin, comparable à la technique de la gouache avec des couleurs couvrantes, intenses et vives. La peinture sur papier privilégie  le dessin aquarellé aux couleurs liquides.  Les feuillets déreliés du Roi Modus et du  roman de Gérard de Nevers offrent deux exemples de ces techniques et de leurs ressources.

On peut aussi comprendre comment fonctionnaient les ateliers, quelle était la technique de la grisaille (La grisaille est une peinture ton sur ton, en camaïeu utilisant plusieurs niveaux de gris, du blanc au noir) avec par exemple la Chronique de Charlemagne enluminée .

2ème thématique : Les commanditaires.

Les manuscrits comportent des images de dédicace où le commanditaire est représenté recevant le livre dans des mises en page élaborées.  Les Chroniques de Hainaut sont l’un des plus beaux exemples.  La scène que l’on peut voir est une mise en scène du pouvoir ducal.

La « Librairie » de Philippe Le Bon est présentée. Cette bibliothèque qui comptait une majorité d’ouvrages profanes à caractère luxueux fut sans équivalent au nord des Alpes. L’inventaire dressé à sa mort en 1467 fait état de 865 volumes environs.

Les bibliophiles : Les ducs entretiennent une cour fastueuse qui favorise à son tour la production de livres enluminés, réclamant les mêmes titres ou en suscitant d’autres. Aux familiers, s’ajoutent les membres de la haute noblesse. On voit des oeuvres produites pour Charles le Téméraire, son demi-frère, Antoine de Bourgogne, son épouse Marguerite d’York,  ainsi que Louis de Bruges

La Toison d’or : c’est un ordre de chevalerie fondé à Bruges, en 1430, par Philippe le Bon à l’occasion de son mariage avec Isabelle de Portugal. Réservé aux nobles les plus importants de sa cour ou aux princes étrangers, ses membres s’engageaient à faire vivre l’idéal de la chevalerie et à défendre la foi.
On peut feuilleter en ligne le Grand armorial équestre de la toison d’or 

L’antiquité révisitée : La production littéraire à la cour de Bourgogne accorde une place importante à l’Antiquité, mais celle-ci est rêvée, vue à travers le filtre médiéval où l’histoire et la légende se confondent.

La 3ème thématique : La galerie d’artistes permet de parcourir toute la production dans sa variété et ses évolutions depuis ceux qui ont encore la facture de l’école parisienne jusqu’aux bordures « ganto-brugeoises » qui annoncent une césure artistique en 1480. Gand et Bruges sont alors les deux plus gros centres de production. Les encadrements, dorés ou colorés, se remplissent de fleurs coupées, d’oiseaux et d’insectes peints en trompe-l’œil. Plus fondamentalement, les miniatures sont peu à peu conçues selon la même esthétique illusionniste que les tableaux de chevalet.

On peut ainsi voir des oeuvres de Willem Vrelant, Jean Le Tavernier, Loyset Liédet, et d’autres qu’on identifie par leur commanditaire comme le Maître d’Antoine de Bourgogne, Le Maître de Marguerite d’York, le Maître de Wavrin.

Les ressources en ligne sont absolument formidables à la fois pour préparer une visite, pour se replonger dans les manuscrits (on peut en feuilleter, zoomer sur des détails qu’on a du mal à voir dans les vitrines …)

Voici l’accès vers quelques unes de ces ressources  

  pour tous :

– l’exposition virtuelle

– les livres interactifs

– les « arrêts sur » : le contexte historique, l’art du livre.

pour les enseignants :

* un parcours découverte pour les enfants (on peut le demander à l’entrée de l’expo).

* les fiches pédagogiques pour les enseignants

l’Apocalypse
l’Armorial (L’Armorial équestre de la Toison d’or)
Jean d’Avesne   (roman en prose)
Jean Froisssard, Chroniques

On peut télécharger en complément le dossier pédagogique de l’exposition de Bruxelles qui met un accent plus fort sur la fabrication des manuscrits.

* la visite guidée des oeuvres en téléchargement (en fichiers sons, en fichiers PDF)

Pour venir avec une classe à l’exposition :

les horaires, les tarifs etc …

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