Les peintres de la Réalité poétique

Au musée de l’Abbaye de Saint-Claude (Jura), se déroule une très belle exposition sur les peintres de la réalité poétique.

Elle regroupe des oeuvres de Maurice Brianchon, Christian Caillard, Jules Cavaillès, Raymond Legueult, Roger Limouse, Roland Oudot, André Planson et Kostia Terechkovitch.

Ce vocable de Réalité poétique regroupe des artistes qui ont en commun de traduire par une figuration toute poétique un monde sensible. Ce n’est pas à proprement parler un courant. Ils ont en commun l’âge, ils partagent les mêmes ateliers, parfois les mêmes modèles…

Leur goût pour la couleur est assez intéressant.

Renseignements

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Expo – Plongez au coeur de la tragédie du Titanic

Un nouvel espace muséographique permanent vient d’ouvrir à la cité de la mer à Cherbourg, dédié à l’aventure dramatique duTitanic, à l’occasion du centenaire du naufrage du « Leviathan » moderne, tel que le mentionne la seule source locale consacrée à l’événement, un entrefilet dans le Cherbourg-Eclair, en avril 1912.

Car cet espace muséographique n’est pas musée au sens premier du terme. Sa mission n’est pas de conserver et d’exposer au public des traces – objets, témoignages – du Titanic ou de l’émigration transatlantique. C’est donc sous l’angle de la reconstitution, de l’émotion, notamment grâce àla puissance de la scénographie numérique, que les visiteurs sont plongés – presque littéralement ! – dans un pan de l’histoire de la fin du IIe millénaire.

Ici, c’est le lieu de mémoire qui est l’objet muséal, comme l’explique Clémence Farell, responsable de la muséographie : « Il existe une espèce de réminescence de l’histoire, à cause du bâtiment lui-même. »

Après avoir traversé l’immense de la gare maritime, de style art déco (1933), qui permettait de joindre la gare Saint-Lazare, les capitales européennes, à New York, les visiteurs grimpent sur la galerie qui surplombe les quais. Le Titanic, trop imposant alors, mouillait dans la rade de Cherbourg tandis que des transbordeurs assuraient la navette. Deux immenses passerelles mobiles, sur les neuf en fonction, témoignent encore de l’échelle gigantesque de l’infrastructure. Sur cette galerie, des panneaux – egalement accessibles en langage des signes – retracent l’histoire de l’épopée transatlantique et de son contexte historique. Le visiteur pénètre ensuite dans la majestueuse salle des bagages, au décor fonctionnel épuré fait de bois, de métal ferroné et de verre tamisé. La salle forme ainsi un vaste quadrilatère dont l’épine centrale permettait l’enregistrement des bagages, dessinant ainsi la forme d’un hippodrome antique. Des bancs longeant les murs permettaient d’ailleurs aux voyageurs de profiter du spectacle.

Sur les murs, des projections vidéos numériques invitent le visiteur à approndir ses connaissances du contexte historique, de manière interactive. La réalité augmentée permet ai nsi de se saisir du documentaire à la manière de la Kinect (la console de jeu sans manette) pour l’explorer comme un logiciel : on découvre ainsi l’univers social et les conditions de voyage des 1ères, 2èmes et 3èmes classes, ainsi que de nombreux portraits de voyageurs ou d’émigrants. L’usage est cependant vite fastidieux et les conditions de lecture, bien que l’information soit très lisible, documentée, hiérarchisée, sont peu évidentes, d’autant que le manipulateur de l’information devient une sorte de DJ, et pour peu qu’un esprit enfantin prenne les commandes…

 

La descente vers l’étage inférieure reconstitue l’entrée dans le paquebot. Sur un énorme mur concave, un film numérique d’une quinzaine de minutes, assorti de témoignages de passagers du Titanic, d’archives de communication, de statistiques sur la traversée, dans des ambiances sonores différentes selon les moments de la traversée, retrace minute par minute le voyage vu depuis la proue du navire, du départ de Cherbourg au naufrage. Les dernières heures défilent cependant à un rythme plus lent pour renforcer l’intensité dramatique.

La visite se poursuit ensuite dans un un espace qui ressemble à un pont de paquebot, reconstituant les décors, les lieux du Titanic dans les trois classes différentes. Des animations numériques, des films de reconstitution, de cinéma, permettent de mieux comprendre le fonctionnement, du navire, les causes complexes du naufrage (au-delà de la percussion dun iceberg), et la portée de l’événement.

Cette exposition tend ainsi à satisfaire un large public, familial, amateur d’histoire maritime, de l’âge d’or des transatlantiques, aux fans de l’épopée du Titanic… par le biais du numérique, de la réalité augmentée, favorisant l’immersion et l’émotion. Néanmoins, l’information contextuelle répond en permanence aux animations pour mieux comprendre l’époque et l’événement, bien qu’on puisse s’interroger sur certains dispositifs où l’approche ludique peut nuire à l’accès à l’information.

Centrée sur le label vendeur du Titanic, l’exposition permet surtout la reconnaissance du rôle important du port de Cherbourg dans l’émigration européenne vers les Etats-Unis, dans un espace patrimonial unique. On pourrait alors souhaiter la constitution et l’exposition d’un fond muséographique sur la cette thématique, pour ne pas en rester aux reconstitutions virtuelles. Mais est-ce l’ambition ou la vocation d’un lieu comme la Cité de la mer ?

La Cité de la mer a développé le concept de « parc d’attraction ludo-culturel », il n’est pas possible de ne payer un droit d’accès que pour l’exposition Titanic, et il vous en coûtera 18€ pour un adulte.

 

A lire :

http://www.lapressedelamanche.fr/fr/actualites/le-titanic/default.asp

Edition d’un cahier géant spécial de la part du journal régional, abondamment illustré.

 

http://www.normandie-aufil.fr/

Le n° de mai du magazine Au fil de la Normandie consacre un dossier complet à l’exposition.

 

Sur le web :

http://cherbourg-titanic.com/

Un site spécial édité par la Cité de la mer, qui regroupe de nombreuses analyses historiques et des médias. Un site qui peut servir de base ou d’accompagnement pour une activité pédagogique.

 

 

La Presse à la Une De la Gazette à Internet : expo à la BnF

La grande exposition (prévoir 2h) consacrée à la presse La Presse à la Une De la Gazette à Internet sur le site François Mitterrand de la BnF se déroule du 15 avril au 15 juillet 2012.

Elle est constituée de quatre parties :

1/ Une histoire de la presse en France
Le premier axe de l’exposition retrace les jalons de l’histoire de la presse, depuis les placards de  l’Ancien Régime jusqu’aux journaux en ligne.  A travers les unes, ce parcours rappelle les grands moments de la presse comme les plus sombres .
Pour la période de la révolution on peut par exemple voir des Unes du Vieux Cordeleir, du Père Duchêne, de l’Ami du Peuple.
A propos des 3 Glorieuses le rôle des ouvriers typographes en révolte est mis en valeur.
Dès 1843 la photographie apparaît : elle est reproduite sous forme de dessin puis gravée. A partir de 1914 le bélinogramme permettra de transmettre les images à distance.
Tout au long de cette fresque historique des journalistes, patrons de presse sont évoqués

2/ La fabrique de l’information
Le deuxième axe de l’exposition rappelle la façon dont l’information se construit, dans toute sa dimension matérielle. La description de cette « fabrique » révèle les multiples tâches accomplies, du terrain à l’imprimerie en passant par l’agence filaire (c’est-à-dire aujourd’hui l’AFP),  les photographes, les salles de rédaction avec les choix éditoriaux.

Sont exposés des outils de transmission , des dépêches d’agence, des photos, des, carnets de reportages, des planches-contacts …

3/ Ecrire l’évènement
Le troisième axe revient sur l’écriture de l’information et sur la diversité des sujetsque l’on trouve dans les  journaux et revues. Cinq grands genres,  sont développés . A chaque fois j’ai pointé sur un évènement particulier présenté dans l’exposition.
– Faits de guerre : avec par exemple une affiche présentant un article du Moniteur universel annonçant la prise de Sébastopol le 28 septembre 1855
–  Faits divers et judiciaires : la part est faite aussi aux archives sonores avec par ex la voix du chroniqueur judiciaire Frédéric Pottecher commentant un procès, mais aussi l’évocation de « l’Affaire Grégory »
– Fait mondain :  un reportage sur la vie chez les Pompidou à l’Elysée.
– Fait social :  Les halles du quartier de La Chapelle en 1929.
– Fait sportif :  Marcel Cerdan champion du monde

4/Défis contemporains : presse et information après la révolution numérique
Le dernier axe de l’exposition porte le regard sur les enjeux contemporains de la presse écrite, entre fragilisation du modèle économique traditionnel et interrogations éthiques face à l’accélération de la communication des données. Sans y répondre, l’exposition pose comme
balise la certitude que le besoin d’information des citoyens, au-delà même des supports et des  genres, demeure consubstantiel à la démocratie.

Chaque visiteur peut choisir de passer davantage de temps dans l’une ou l’autre des parties de cette très dense exposition.

Pour prolonger ou si on n’a pas le temps de tout voir en détail, ou si on ne peut pas s’y rendre, la BnF a comme d’habitude mis en ligne de très nombreuses ressources :

– une expo virtuelle
– des ressources complémentaires sur l‘histoire de la presse, sur le traitement de l’information
des albums avec des journaux, des photos de presse
– un très gros dossier pédagogique avec des pistes pédagogiques proposées, des fiches à télécharger   un parcours découverte pour les plus jeunes est annoncé mais je ne l’ai pas trouvé .

– Des visites sont proposées aux enseignants :
Visite guidée + conférence : les mercredis 9, 16, 23, 30 mai et le 6 juin 14h – 17h
Visite guidée : les mercredis 13, 20 et 27 juin : 14h30 – 16h
Réservation pour toutes activités : 01 53 79 49 49

Pour toutes les informations pratiques voir sur le site

expo : Cluny, 1120 Au seuil de la Major Ecclesia

Cette exposition est organisée par le Musée de Cluny en partenariat avec le Musée d’art et d’archéologie de Cluny (Bourgogne).

Chef-d’œuvre de l’art roman, l’abbatiale de Cluny III a marqué l’apogée de l’ordre clunisien. Cette exposition met en lumière un élément architectural majeur de cet édifice : son grand portail.

« La Major Ecclesia » tel était le nom que l’on donnait au moyen Age à cette abbatiale édifiée de 1088 à 1130, car elle était la  plus grande église de lachrétienté jusqu’à la reconstruction de Saint-Pierre de Rome, quatre siècles plus tard.

Le grand portail, sculpté et assemblé dans les années 1110-1120, figure parmi les plus grandes réalisations de la sculpture monumentale en Bourgogne. Il mesurait  5,60 m de large et 3,25 m de hauteur. Son tympan était sculpté dans un bloc monolithe.
Suite à la Révolution française, la basilique a été vendue comme bien national et  est devenue une carrière de pierres et le portail a été démoli à l’explosif le 8 mai 1810 et complètement démantelé.

Aujourd’hui il ne reste plus  que les bras Sud du grand et du petit transept, ainsi que le clocher de l’Eau bénite, qui coiffe le croisillon sud du grand transept.

source de  la photo :

http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/4/4e/Clocher_abbaye_cluny_1.JPG

L’exposition assez courte, commence par une reconstitution en 3 D du grand portail pour permettre au visiteur de mieux comprendre sa composition, son iconographie, sa mise en couleur et sa place dans l’espace de la Grande Église.

Dans une seconde salle, on peut voir les quelques traces iconographiques de ce qu’était Cluny III. Puis les dessins et relevés de l’archéologue américain Kenneth John Conant lors des  fouilles réalisées   entre 1928 et 1950 . Ces fouilles ont été financées par la Medieval Academy of America en échange de la publication d’un ouvrage de synthèse consacré à Cluny III. Conant le publiera en 1968 ! Il reconstitue  le tympan dans sa chambre sur un tracé à la craie sur le sol, sur lequel il dispose les fragments qu’il a retrouvé. L’ensemble de ses découvertes, corquis, photographies, etc forme aujourd’hui le fonds Conant au musée d’art et d’architecture de Cluny.

Ces découvertes ont été largement complétées par les  6 000 fragments retrouvés lors des fouilles de l’avant-nef en 1988-1989.

Tout ceci  fait aboutir le visiteur dans une dernière salle ou une partie du portail a été reconstituée : les fragments les plus significatifs ont été disposés dans une structure monumentale (7 mètres de hauteur) qui sera présentée ensuite de façon permanente au Musée d’art et d’archéologie de Cluny.

Quelques uns des fragments retrouvés sont présentés : Saint Pierre (conservé à Rhode Island) , l’aigle de Saint-Jean (musée du Louvre)  , ainsi que plusieurs têtes issues de collections privées.

Conclusion : Une petite exposition à voir et pour compléter si on ne connait pas le musée de Cluny on peut poursuivre la visite car il y a de la matière à découvertes, notamment les tapisseries de la Dame à la Licorne.

informations pratiques  :

l’exposition a lieu jusqu’au 2 juillet 2012
Musée de Cluny – musée national du Moyen Âge
6, place Paul Painlevé
75005 Paris
01 53 73 78 16

Pour les enfants un livret-jeu de l’exposition « Cluny 1120 » est disponible  à l’accueil du musée

L’ensemble des animations du musée est consultable en ligne sur le site du musée.

Le site du musée propose des ressources en ligne sur ses collections permanentes.

Précision utile l’entrée du musée et de l’exposition est gratuite pour les enseignants munis du Pass Education

expo : Reims capitale mérovingienne.

Une belle exposition se tient en ce moment et jusqu’au 29 juillet 2012 au musée St Remi à Reims. elle est intitulée « Reims capitale mérovingienne ». Elle est organisée à l’occasion du 1500e anniversaire de la naissance du royaume franc de Reims 512 – 2012

Quelques repères historiques : 

A la mort du roi Clovis, le 27 novembre 511, son royaume était partagé entre ses quatre fils selon la coutume des Francs.
Les trois fils de Clovis et de Clotilde, encore enfants, reçoivent le royaume d’Orléans pourClodomir, le royaume de Paris pour Childebert et celui de Soissons pour Clotaire.

L’aîné, Thierry, seul adulte de la fratrie et issu d’une première union entre Clovis et une princesse rhénane qui fut sa concubine, hérite de la part la plus importante ; le royaume ainsi modelé se compose des actuels Palatinat, Rhénanie, Luxembourg, Lorraine et Champagne auxquels est rattachée l’Auvergne !
Sous le nom de Thierry 1er (Théodoric), le nouveau roi, soucieux de s’inscrire dans la continuité historique de son père et de profiter du prestige qui s’y attache, choisit Reims comme capitale.

Le Musée Historique Saint-Remi de Reims et le Musée municipal de Saint-Dizier se sont associés pour présenter cette exposition, en collaboration avec l’Inrap, afin de commémorer la naissance de cette entité territoriale qui perdura sur une soixantaine d’années au long du VIe siècle.
Le musée St Remi renferme une collection mérovingienne importante , à celle-ci sont associées des découvertes récentes. En effet, en 2002, au sud-est de l’agglomération de Saint-Dizier, une fouille préventive de l’Inrap au lieu-dit « La Tuilerie », mit au jour trois riches tombes appartenant à la haute aristocratie franque du royaume de Reims !

L’exposition :
Elle se présente en deux parties, la première commence dans la salle mérovingienne du musée où les collections permanentes présentent des sarcophages, des objets de la vie quotidienne. pour plus de détails, voir les photos de la base académique de Reims 

La seconde partie, dans la galerie des arcs-boutants, présente les découvertes archéologiques de Saint Dizier.


Une reconstitution de chacune des trois sépultures est présentée. Les personnages sont montrés avec leurs vêtements, dans leur tombe, tels qu’ils étaient lors de leurs funérailles. A chaque fois, des informations précises sont apportées et des vitrines permettent de voir tous les objets authentiques qui formaient le mobilier des tombes.

On commence par « la dame de Saint Dizier », jeune femme d’environ 18 ans. Elle reposait dans un cercueil de chêne sur lequel étaient déposés une coupe, un flacon en verre, un bassin en bronze et une poterie. Elle avait des bijoux et son ADN prouverait qu’elle avait un lien de parenté avec le second personnage.

Le ‘jeune chef » était âgé d’une trentaine d’années, il était de grande taille car mesurait 1,82m. Son cercueil était déposé dans une chambre funéraire cloisonnée de planches. Il était habillé avec de riches accessoires vestimentaires, une panoplie d’armes  et son cheval était dans une fosse à proximité. Son épée par exemple, possède un double anneau en argent doré fixé sur le pommeau. Ces anneaux retrouvés dans de très riches tombes du VIè siècle  dans le Nord-Ouest de l’Europe symbolisent un lien d’homme à homme. les tombes royales n’en possèdent pas, l’anneau était donc réservé à une élite, rattachée à une autorité plus haute.

Le « patriarche » était inhumé de la même manière que le plus jeune. Agé d’une cinquantaine d’années, il avait des problèmes de santé (relatif embonpoint et diabete). Parmi les objets déposés autour de lui, on remarque un seau au riche décor en bronze gravé.

L »exposition s’achève par la conclusion permettant de rattacher ces tombes au faciès archéologique des tombesdites “de chefs francs” du début du VIe siècle.

Renseignements pratiques :

– Le musée St Remi est à Reims  au 53 rue Simon.
tél. :  03.26.35.36.90
Du lundi au vendredi de 14 h à 18 h 30.
Samedi et dimanche de 14 h à 19 h.
Accès depuis Paris Par l’A4
ou 45 min. en TGV à partir de la gare de l’Est.

– L’exposition est visitable par tous petits et grands, des livrets/découverte pour le jeune public sont donnés à l’entrée du musée (pour les plus de 4 ans (avec des observations et coloriages) et pour les plus de 10 ans (l’aide des parents est parfois bien utile).

– Pour avoir toutes les informations sur les animations, ateliers, conférences  prévus autour de cette exposition : pour les petits et les grands : un programme très riche est prévu jusqu’en juillet 2012.

Pour télécharger le livret de l’exposition

Arles, les fouilles du Rhône

Lorsque nous avons étudié la conquête de la Gaule avec mes 6è, Jules César a été un objet de discussion. Et quand je leur ai dit qu’on avait retrouvé un buste qui était certainement un véritable portrait, ils ont voulu le voir. C’est une des raisons pour lesquelles je suis allée voir la petite exposition au Louvre, intitulée : Arles, les fouilles du Rhône. un fleuve pour mémoire. Je pensais faire la queue mais nous étions peu nombreux ce matin-là. L’exposition est dans un recoin du musée dans l’Aile Richelieu et on peut la voir jusqu’au 25 juin 2012.
Pas le droit de prendre de photos, encore moins d’en mettre en ligne, j’ai juste l’affiche heureusement sinon mes 6è seront déçus !

Les fouilles archéologiques menées depuis plus de vingt ans dans le Rhône à Arles ont permis de mettre au jour des objets inestimables pour comprendre et reconstituer l’histoire du port de l’antique Arelate.

L’exposition reprend une partie des éléments montrés lors de l’exposition du musée d’Arles en 2009, César, le Rhône pour mémoire ainsi que d’autres objets issus des collections du Louvre, du musée d’Avignon et de celui de Turin.

Que peut-on voir ? 

Dans un parcours qui présente la ville portuaire d’Arles, les fouilles  dans la partie urbaine du  Rhône dont  le quartier de Trinquetaille, les fouilles entre Arles et les Saintes- Maries-de-la-Mer.

On peut ainsi voir le bas-relief du musée d’Avignon présent dans beaucoup de manuels de 6ème et montrant le transport du vin, mais aussi de la vaisselle de bord des marins, des amphores dont les étiquettes indiquent qu’elles contenaient de la sauce de poisson. On apprend même  la qualité de cette sauce  « excellente » avec 4 ans de fermentation et la contenance de 62 litres. Elle était commercialisée par un négociant Quintus Statius Rufus déjà connu par ailleurs.
Pour le quartier de Trinquetaille, les objets exposés sont plutôt des fragments de sculptures, de reliefs votifs.
Enfin les fouilles subaquatiques entre Arles et la mer ont permis de localiser plusieurs épaves piégées par les bancs de sable au large des Saintes- Maries-de-la-Mer. les perspectives de découvertes futures sont semble-t-il assez importantes.

Mais ce qui fait le « clou » de cette exposition c’est le fondateur d’Arles : Jules César. C’est un buste,  identifié comme César découvert en prospection subaquatique par Luc Long en 2007 dans le lit du Rhône, rive droite. 50-40 avant J.-C.. Il est en marbre du Dokimeion. (Phrygie, actuelle Turquie).

L’apparence physique de Jules César (101-44 avant J.-C.) nous échappe presque complètement. Malgré les descriptions littéraires, aucune sculpture ne porte une inscription antique permettant une identification certaine. Seules des monnaies frappées de son vivant montrent un homme au long cou ridé, au menton petit mais prononcé, aux joues creuses. Depuis la fin du XIXe siècle, les savants ont donc cherché à identifier son portrait en marbre à partir de ces indices. Et cette fois il semble donc que c’est bien lui.

L’exposition présente différents bustes dont celui de Turin, aux côtés du « César d’Arles » et analyse précisément les caractéristiques.

Plusieurs autres pièces ont  un traitement particulier :

Le Gaulois captif d’Arles. Cette représentation en bronze d’un captif, les mains ligotées dans le dos doit appartenir à un monument commémorant la conquête des Gaules par César.

La Victoire d’Arles
Ce très rare relief d’applique en bronze doré a pu orner un édifice public d’Arles, les écoinçons d’un arc de triomphe par exemple.
Elle a été mise en parallèle avec la frise des dauphins conservée à Vienne (Isère) qui offre des éléments de comparaison aussi bien pour la fonte que pour la dorure. Ces dauphins ont été découverts fortuitement en 1840 dans le Rhône

Le mode de fabrication de ces oeuvres a été analysé et nous est présenté dans un  petit film : « De bronze et d’or, le captif et la victoire du Rhône »

En conclusion, une exposition à voir, des documents intéressants pour nos cours de 6ème, mais pour avoir des photos il faut acheter l’album de l’expo. Heureusement avec le Pass education l’entrée du musée et de l’expo sont gratuites pour les enseignants !
Seule ressource en ligne et bien cachée : le dossier de presse.

Le vin au Moyen-Age : expo à la tour Jean Sans Peur

Décidément les Ducs de Bourgogne sont en vogue en ce moment ! Entre la grande exposition sur les miniatures flamandes à la BnF, l’expo sur les Riches Heures du Duc de Berry, voilà la nouvelle exposition de la Tour Jean sans Peur, consacrée cette fois-ci au vin au Moyen-Age.

Très dense, parfois trop pour certains visiteurs, elle fait un panorama complet du rôle du vin dans la religion chrétienne, de la culture de la vigne, en passant par la vinification et l’usage du vin en tant que boisson, ingrédient de cuisine et même médicament. L’exposition présente également les manières de boire au Moyen-Age.

Trois grandes parties dans cette exposition , j’ai relevé certaines informations de ce contenu très dense à l’aide du livret de l’exposition en vente sur place.

« De bon terroir bon vin » avec dans les vignes du seigneur et parler de vin, parler divin permet d’évoquer les propriétaires, les exploitants ainsi que le rôle religieux du vin et son usage dans les offices religieux.

Certains paysans passent en contrat dit de complant avec le seigneur qui leur donne un terrain à planter. Au bout de 4 à 7 ans, ils deviennent propriétaires de la moitié de leur vigne, l’autre moitié revenant au seigneur.
Les rois sont de grands propriétaires viticoles, comme les seigneurs qui s’enrichissent en prélevant un impôt ou banvin sur l’utilisation du pressoir
seigneurial.
Les abbayes, très actives aux XIIe et XIIIe siècles, jouent aussi un rôle majeur dans le développement de la vigne.
Les citadins sont quant à eux grands buveurs de vin et les villes sont pleines de vignerons qui vont tous les matins travailler en banlieue.

Par souci de pureté, le vin de messe exige un service attentif et requiert une vaisselle d’or : burette, passoire, calice au large pied, petite cuillère, pipette liturgique. Par respect, le prêtre utilise parfois une paille afin d’éviter de boire à même le calice. Durant la préparation du contenu du calice, un diacre doit agiter un flabellum (éventail) afin d’éloigner les insectes.
Buveurs et vignerons bénéficient de la protection de plusieurs saints patrons : saint Martin, associé à l’invention de la viticulture en Occident, saint Vincent, patron des vignerons depuis le XVe siècle et d’autres, comme saint Nicolas, patron des bons mangeurs et des gros buveurs, invoqué pour éviter l’ivresse !

Le travail de la vigne : 

Cette seconde partie assez fournie permet de connaître à la fois la conduite de la vigne, le calendrier, les
outils de la viticulture ainsi que la vinification. Mais on a aussi des informations sur le tonneau, les tonneliers
et la cave.

Les travaux sont les mêmes qu’aujourd’hui avec des outils un peu différents, bien sûr la vinification est plus
empirique .
Dans le raisin tout est bon : Grâce à cette section de l’exposition on apprend beaucoup sur la société médiévale : l’utilisation de toute la plante, le vin (cépages, régions de production), les dérivés du vin, le vin en cuisine mais aussi le vin médecin

Tout est bon dans la vigne :  les pépins rôtis soignent de la dyssenterie, les vrilles et les feuilles font prendre la gélatine, avec les rafles on obtient du vers-de-gris, les sarments sont utilisés comme petit bois de chauffe et le tartre des tonneaux sert de médicament…

Avant le XIIIe siècle, le vin est principalement blanc («clair comme larme»), le plus prisé étant issu des régions septentrionales. À la fin du Moyen Âge, il est concurrencé par le vin rouge et le clairet produits dans le Sud et le Sud-Ouest. Vins d’Avignon et de Bordeaux, puis les vins de Bourgogne assoient alors leur réputation et la ville de Beaune est même couronnée reine des vins !

Le raisin, consommé frais, apparaît rarement dans les traités culinaires. Cuit, en revanche, il est présent dans plusieurs recettes, notamment
dans celle du taillis où il est associé aux figues et aux pommes. Il va jouer surtout un rôle d’édulcorant . Le moût, jus non fermenté du raisin écrasé, entre surtout dans la composition d’un condiment essentiel, le moût ardent ou moutarde, appréciée des gens modestes qui ne peuvent s’offrir des épices.
Le vinaigre, un vin tourné sert, selon les diététiciens, à combattre les mauvaises humeurs. Il est jugé utile lors des épidémies car ce qui est vinaigré résiste à la putréfaction. Le vinaigre, de préférence blanc, entre dans nombre de recettes (potages, entremets, viandes, venaisons, abats…), complétant le verjus ou jus de raisin vert, qui passe pour faciliter la digestion. Le vin rouge est utilisé comme base pour le bouillon de cuisson coupé avec de l’eau mais aussi dans les marinades et les sauces. Verjus, vinaigre et vin sont ainsi employés dans 60 % des recettes françaises !

La médecine médiévale utilise beaucoup le vin : 30% des recettes médicales en incluent ! Le vin est considéré comme hygiénique et thérapeutique.

Et c’est là qu’on a quelques surprises pour des gens du XXIè siècle : Avant le XVe siècle, certains médecins proposent de s’enivrer au moins une à deux fois par mois, afin de se purger, ou pour combattre infections et fortes douleurs. Par analogie, la médecine médiévale associe le vin au sang. Pour cette raison, elle prescrit du vin rouge après les saignées, les accouchements ainsi que pour les blessés et même des vins parfumés aux herbes et aux épices, bons pour la digestion, tel l’hypocras.
Ce n’est qu’à partir du XVe siècle qu’est reconnue comme une maladie l’alcoolisme.

Le bon vin : Cette 4ème partie est tout aussi intéressante et curieuse même !
Dans un monde où l’eau est polluée et où bière et cidre sont socialement dévalués, tout le monde boit, les femmes comme les hommes. pour les enfants de moins de 7 ans, le vin est servi coupé d’eau ! une certaine retenue est exigée des femmes, mais c’est surtout pour l’horaire : le Ménagier de Paris demande à sa jeune épousée de ne pas boire avant 9h du matin…
Il y a des bonnes manières pour servir et boire le vin. 
Chez les puissants, la vaisselle (hanaps, verres, coupes…) ainsi que les vins d’apéritifs et autres boute-hors (vins signalant qu’il est temps de prendre congé) sont disposés sur des dressoirs. Les traités de bonnes manières se diffusent à partir du XIIIe siècle. On y apprend à boire le coude collé au corps et à petites goulées (pour les femmes).
Mais les bonnes manières n’empêchent pas l’hôte de s’amuser parfois aux dépens de ses invités : il existe des pots surprises qui ont un goulot factice mais des trous bien réels placés en dessous, qui laissent s’échapper la boisson sur les pieds de l’invité !

Le vin mauvais :
Selon les moralistes du temps, seuls les rois devaient s’abstenir de se saouler.   À la fin du Moyen Âge, les prêtres eux-mêmes sont accusés de s’enivrer trop volontiers. Il a fallu interdire de célébrer la messe en état d’ébriété !
Les expressions concernant l’ivresse ne manquent pas : « plus ivre qu’une soupe » (plus imbibé qu’une tranche de pain dans la vin), « pilier de taverne éméché ayant abusé de l’eau bénite de la cave »…
L’ivresse n’étant pas un péché capital, elle peut même être considérée par la justice comme une circonstance atténuante en cas de crime !Cependant à partir du XVe siècle, l’ivresse est accusée d’entraîner le delirium tremens, l’hémiplégie puis la mort. C’est à cette époque qu’apparaissent les premières figures d’ivrognes sur les pots à pharmacie…
Ainsi, même si l’eau fait pleurer, le raisin fait chanter, les méfaits de l’alcool apparaissent au grand jour…
Cette dernière partie s’achève dans la cave de la tour avec la reconstitution d’une scène de taverne. À Paris, au XVe siècle, il en existait environ 700 !

La table-comptoir est dotée d’un rebord pour éviter que les verres ne tombent et d’un coffre-tirelire pour payer sa consommation

Ma conclusion : une exposition à aller voir, elle peut intéresser les amateurs de vin, de vigne, les amateurs d’histoire médiévale et les enfants car un livret-jeu est en cours de réalisation à leur intention. On peut en profiter pour aller visiter la Tour elle-même.

Informations pratiques : 

– L’exposition a lieu jusqu’au 11 novembre 2012, à la tour jean sans Peur, 20 rue Etienne Marcel 75002 Paris/
Horaires et tarifs sur  le site de la Tour Jean sans Peur  (mais pas encore bien mis à jour)

– Le livret de l’exposition est en vente sur place et permet d’avoir l’essentiel des textes des différents panneaux.

– J’ai eu des précisions sur les conférences qui sont programmées :

Mercredi 16 mai à 19h : Le vin de messe : pratiques et symboles par Danièle Alexandre-Bidon
Mercredi 30 mai à 19h : Le vin à la cour de Bourgogne par Bertrand Schnerb
Mercredi 13 juin à 19h : Viticulture et vini!cation au Moyen Âge par Perrine Mane
Mercredi 26 septembre à 19h : Les « vins français » et les vignobles de la région parisienne au Moyen Âge par Mickaël Wilmart
Mercredi 3 octobre à 19h: Autour de la symbolique médiévale du vin par Michel Pastoureau

– et plus original un « concert-dégustation » Mercredi 24 octobre 2012và 19h : Chansons à boire du Moyen Âge au XVIIIe siècle par l’ensemble vocal Montorgueil, suivi d’une dégustation de vins d’appelations médiévales

– tel pour les réservations : 01 40 26 20 28