Le mémorial de Drancy.


Ce nouveau lieu de mémoire a été inauguré à l’automne 2012 par le président de la République François Hollande.

Situé face à la cite de la Muette où étaient regroupés les détenus juifs avant leur départ vers les lieux d’extermination,  il est d’une architecture simple, avec de larges baies vitrées donnant sur la cité de la Muette. Il a été  a été conçu par l’architecte suisse Roger Diener.

facade-memo

A l’extérieur du Mémorial :

Juste à côté se trouve un petit immeuble en briques qui existait déjà pendant la guerre et dont les propriétaires de l’époque louaient l’accès des fenêtres du 3è étage aux familles des détenus qui pouvaient ainsi espérer apercevoir des membres de leur famille dans la cour du camp;

vue générale

La cité de la Muette était en construction pour les ouvriers des usines de Drancy, proche du centre-ville, au cours des années 30 et non achevée au début de la guerre, seuls les murs, le sol et les escaliers étaient finis. Elle a été réquisitionnée par les autorités nazies en juin 1940 pour la détention provisoire des prisonniers de guerre français et anglais, puis pour les juifs raflés à partir d’août 1941
Après la guerre la cité a été achevée en 1948 et aujourd’hui environ 450 personnes y sont logées. Elle est classée depuis 2001 parmi les sites et monuments protégés de France.

cite

Et au milieu de la cité, à quelques mètres de la rue, à l’emplacement de l’allée d’entrée du camp, se trouve un monument ainsi qu’un wagon .

monument

Le monument en grès a été sculpté en 1973 et érigé ici en 1976, par Shlomo Selinger, un juif polonais qui a survécu à l’extermination. Des erreurs sont à signaler sur les inscriptions : ce ne sont pas 100 000 juifs qui ont été internés mais 63 000 sur les 76 000 juifs français déportés, 2500 à 3000 sont revenus et non 1518. Les chiffres ont été précisés avec les recherches historiques récentes. Il est signalé 256 fusillés comme otages, ce sera au mont Valérien.

wagon

Le wagon (donné par la SNCF et restauré) est semblable à ceux dans lesquels les déportés ont été emmenés en convois depuis les gares du Bourget puis de Bobigny vers les lieux d’extermination en Pologne, principalement Auschwitz. Ce camp était un lieu de transit entre les arrestations lors des rafles (par exemple celle du Vel d’Hiv en juillet 1942) et les départs en convois.

Que peut-on voir dans ce Mémorial ?

L’intérieur du mémorial (qu’il est interdit de photographier) présente une exposition permanente sur l’histoire du camp, des salles pédagogiques, un centre de documentation et une salle de conférences.

L’exposition permanente permet de comprendre l’histoire du camp avec une maquette, des photographies, des archives et des témoignages vidéos. On peut aussi y voir la façon dont était organisée la vie quotidienne des internés de 1941 à 1944

Une dizaine de films documentaires, réalisés par Patrick  Rotman sont visibles au cours de l’exposition, par exemple : les débuts du camp, l’administration du camp, le sort des enfants dans le camp. Une partie de ces liages vient de la propagande nazie.

Les enfants dans le camp : De 1942 à 1944 150 à 200 enfants vivaient en permanence dans ce camp, au total 10 000 enfants sont passés ici. Un réfectoire leur était réservé, une école était aussi organisée.

Un « objet » intéressera beaucoup les adolescents, il s’agit de la « table des destins » : une table interactive permet de suivre des individus dont on a retrouvé la trace et des documents les concernant.

Au centre un cube « la maison des enfants » dans laquelle on peut écouter les dernières lettres qu’ils ont écrites.

Des bornes de documentation permettent au visiteur de consulter des documents sur des sujets comme le règlement du camp, les dessins des déportés, la résistance, la chronologie des entrées et sorties …

On apprend aussi de nombreuses informations sur  l’organisation des déportations à partir de 1942 avec une carte, le calendrier des convois, des lettres jetées des trains …

Une visite avec des élèves.

Elle doit être préparée et c’est là où les choses se compliquent  ! Aucun document n’est actuellement accessible à un enseignant qui ne peut pas venir auparavant. Les enseignants de la région parisienne sont privilégiés, même si pour y parvenir c’est plutôt  fastidieux  : la circulation en banlieue n’est pas facile, il vaut mieux prendre les transports en commun et prévoir du temps pour le trajet.

Différentes propositions sont faites et expliquées brièvement en ligne : la discussion avec les personnes chargées de l’accueil est indispensable pour adapter la visite au groupe. La visite libre est possible mais il faudra construire entièrement les supports !

Informations pratiques pour se rendre au Mémorial de Drancy .

Les horaires, les moyens d’accès, les tarifs sont précisés sur le site du Mémorial de la Shoah.

Mes sources : Les notes prises lors de la visite proposée aux enseignants en octobre 2013 par le Mémorial de la Shoah et à laquelle j’ai participé. Les photos ont été réalisées par mes soins et sont libres de droits pour un usage pédagogique, merci de citer la source.

Léonard de Vinci, projets, dessins, machines : exposition à la Cité des sciences

L’exposition depuis le mois d’octobre 2012 et jusqu’au 18 août 2013, est construite autour de la collection de maquettes de machines du Museo Nazionale della Scienza e della Technologia de Milan. Ces 40 maquettes ont été créées dans les années 1950 à partir des dessins de Léonard. Aujourd’hui, des chercheurs étudient aussi la nature avec attention et s’en inspirent pour créer machines et matériaux nouveaux, reprenant à leur compte la démarche intuitive de Léonard.

L’exposition est organisée autour des thèmes suivants :
– Introduction : des écrans permettent de visualiser le contexte et l’oeuvre de Vinci. L’inconvénient est qu’il y a 4 écrans et que l’accès en est difficile si les visiteurs sont nombreux. Heureusement c’est en ligne sur le site !

– Transformer le mouvement : on peut par exemple voir la maquette de la grande grue à contrepoids dessinée par Léonard à partir des observations qu’il a faites sur le chantier de la cathédrale de Florence par Brunelleschi.
Dans cette partie se trouve une « table multitouch » où l’on peut observer certaines pages des manuscrits de Léonard.

– Préparer la guerre : Architecte et ingénieur militaire pour Cesare Borgia, Vinci dessine  de nombreuses armes et dispositifs militaires.

– S’inspirer du vivant : La bioinspiration est une nouvelle discipline scientifique  qui  renvoie à une idée lumineuse de Léonard de Vinci : puiser des solutions techniques dans la Nature. On peut découvrir des projets actuels tels que le Smartbird, inspiré du vol du goéland;  le robot octave, inspiré de la vision et du vol de la mouche et de l’abeille; la soie de l’araignée dont les chercheurs essayent de reproduire les caractéristiques de manière industrielle; l’avion du futur qui utilise les caractéristiques de la peau de requin, de la feuille de lotus … er enfin le robot Angels qui reproduit la nage de l’anguille .

– Imaginer le vol :  Léonard réalise plusieurs études sur le vol. Les ailes mécaniques qu’il dessine transposent ses observations sur le vol des oiseaux.

– Améliorer la fabrication : À Milan, Léonard fait du textile l’un de ses champs d’étude privilégiés, cherchant à résoudre les problèmes pratiques qu’il observe : fabrication des cordes ou du feutre, bobinage, cardage. Il améliore les procédés existants notamment en les automatisant.

Il conçoit aussi des fêtes et des spectacles, depuis la machinerie jusqu’aux costumes et aux lumières : on eut voir une maquette de scène (en panne en ce mois de juillet)

– Unifier le savoir :  Cette dernière partie permet d’avoir une vision très large et thématique du contenu de ses carnets dont une partie se trouvent en France.

L’ensemble des ressources mises en ligne sur le site de la Cité des sciences est très complet :

– de nombreuses animations visibles dans l’exposition sont en ligne, un parcours sonore pour smartphone est téléchargeable et sur la même page les fichiers sons et textes de ce parcours.

un carnet de visite en famille est téléchargeable et disponible à l’entrée de l’exposition.

Un jeu en ligne pour les CM et 6-5è « De simples machines ».

Il faut compter environ deux heures si on veut regarder l’ensemble des animations proposées. Cette exposition est accessible aux plus jeunes car très visuelle et conviendra à toute la famille. De plus, en ces temps de vacances estivales, la cité des sciences ne semble pas trop fréquentée, ce qui permet un meilleur accès aux différentes animations multimédias de cette exposition.

Pour trouver les informations pratiques :

Le site de l’exposition

Expo à la cité de l’architecture : Circuler. Quand nos mouvements façonnent les villes.

Une exposition- fleuve à la cité de l’architecture jusqu’au 26 août 2012.

L’exposition raconte l’histoire de l’organisation des espaces des villes avec les transports.

On peut visiter autrement l’exposition en empruntant gratuitement à l’entrée un  Smartphone  pour approfondir les thématiques développées : on peut soit lire des informations complémentaires, soit les écouter. J’ai demandé cet engin en arrivant car j’avais vu la possibilité sur le site de la Cité, mais en le rendant 2h plus tard, je me suis aperçue que personne n’en avait emprunté depuis mon passage !
J’ai trouvé plus souple cet outil qu’un audio-guide classique car l’écoute est trop longue et lire les infos m’a semblé plus adapté à mon mode de fonctionnement.

D »après le dossier de presse c’est la première fois qu’une telle application est mise en œuvre pour une exposition

Voici les thèmes abordés lors de cette exposition pour laquelle il faut prévoir 2h. J’ai utilisé quelques extraits de l’excellent dossier de presse auxquels j’ai ajouté quelques commentaires personnels.

1 – À pied, À cheval, en bateau
Au tout début, on commence par traverser une rue du Moyen Âge (des bruits sont présents), on arrive à la Renaissance puis au xixe siècle. On regarde dans des petites fenêtres aménagées dans le décor.

2- La voie ferrée
Les gares sont les vedettes de cette séquence. Elles sont les « portes » des villes.

3- Tous les transports mécaniques
Le tramway, l’automobile, l’autobus, la bicyclette, le métro, l’ascenseur sont présentés.

4- Les utopies
Certains architectes ou illustrateurs proposent dès les années 1910 d’organiser autrement les villes en fonction de toutes les nouvelles possibilités d’y parvenir et d’y circuler.

5- La ville éclatée
Pourque tous les modes de transport puissent être pleinement efficaces sans se gêner mutuellement, on imagine que tous les réseaux qui irriguent la ville seront spécialisés par mode de transport. On trouvera ainsi des rues pour piétons, séparées des voies pour bus, séparées de celles pour les automobiles qui deviendront d’ailleurs des routes puis des auto-routes en pleine ville. Sans oublier les aéroports.

Personne, y compris les concepteurs, ne porte plus guère attention à ces lieux où l’on ne fait que passer, qualifiés assez tristement de « lieux de transit », la vie urbaine est censée se dérouler ailleurs.

La ville entre alors dans l’une des crises les plus terribles de son histoire, qui prend des proportions catastrophiques dans les pays en développement où l’afflux de population rurale dans des villes où la circulation est soit quasi impossible, soit dissociée des espaces de la mise en relation entre les habitants, ne génère que pauvreté et détresse.

6- Le cinéma

C’est un moment de pause où le visiteur peut aller à sa guise d’une petite cellule à une autre et enfin s’asseoir pour regarder des projections et extraits de films de fictions et des Archives Gaumont Pathé.   Il peut aussi consulter de nombreux ouvrages sur le sujet.

7- Les 1ers projets de renouveau

La recomposition de la ville autour de toutes les circulations qui la font vivre va commen- cer en France en 1975.
C’est là qu’on voit réapparaître le tramway, puis le train avec les TGV.

Autour de ce train, les gares retrouvent leur rôle de portes d’entrée dans les villes, et, du coup, de lieu de convergence de tous les transports inventés au cours du xxe siècle qui permettent de rejoindre aisément tous points de celles-ci.

8- Kaléïdoscope de l’homme en mouvement :

Il s’est produit au milieu des années 1990 un phénomène aussi massif que rapide qui allait bouleverser la pratique des espaces où l’on circule : le développement des appareils de communication portables.

La mise à disposition du grand public de cette invention  allait avoir deux conséquences sur la vie des gens en mouvement. La première était la gestion possible par chacun, en temps réel, de ses manières de se déplacer, complément normal du retour de la multiplicité des modes de transport. La deuxième était la possibilité de continuer ses activités tout en circulant : travailler, discuter avec un ami au loin, faire ses courses sur internet, écouter de la musique, jouer, etc. Bref, de faire du temps où l’on bouge un temps de vie à part entière.

Alors la ville, lieu de la mise en relation, apparaît sous un jour nouveau, à la fois espace physique et numérique.

9 – La ville recomposée.

Cet espace vaste essaye de montrer les tendances qui sont en train de bouleverser les villes. Les projets évoqués ici montrent comment, à travers la planète, des responsables de villes, des concepteurs, des investisseurs, mettent en place des facilités de se mouvoir et des espaces où l’on passe qui sont en même temps des lieux où l’on peut vivre un temps de vie urbaine.

Les enfants ne sont pas oubliés puisqu’à l’entrée un petit livret est disponible, il est bien utile aussi pour les parents.
Et surtout un espace leur est consacré avec une ville en Lego, les parents aussi peuvent jouer.

Pour les enseignants d’histoire géographie c’est vraiment très utile, pour mettre en perspective par exemples une étude de cas sur le tramway dans le cadre du nouveau programme de 3è.

Pour s’y rendre : 

Palais de Chaillot / 1 place du Trocadéro / Paris 16è
Ouverture tous les jours de 11h à 19h – le jeudi jusqu’à 21h – fermeture le mardi

Consulter le site 

Une vidéo courte sur You Tube permet de se faire une bonne idée de la présentation de cette exposition à ne pas manquer.

expo : Cluny, 1120 Au seuil de la Major Ecclesia

Cette exposition est organisée par le Musée de Cluny en partenariat avec le Musée d’art et d’archéologie de Cluny (Bourgogne).

Chef-d’œuvre de l’art roman, l’abbatiale de Cluny III a marqué l’apogée de l’ordre clunisien. Cette exposition met en lumière un élément architectural majeur de cet édifice : son grand portail.

« La Major Ecclesia » tel était le nom que l’on donnait au moyen Age à cette abbatiale édifiée de 1088 à 1130, car elle était la  plus grande église de lachrétienté jusqu’à la reconstruction de Saint-Pierre de Rome, quatre siècles plus tard.

Le grand portail, sculpté et assemblé dans les années 1110-1120, figure parmi les plus grandes réalisations de la sculpture monumentale en Bourgogne. Il mesurait  5,60 m de large et 3,25 m de hauteur. Son tympan était sculpté dans un bloc monolithe.
Suite à la Révolution française, la basilique a été vendue comme bien national et  est devenue une carrière de pierres et le portail a été démoli à l’explosif le 8 mai 1810 et complètement démantelé.

Aujourd’hui il ne reste plus  que les bras Sud du grand et du petit transept, ainsi que le clocher de l’Eau bénite, qui coiffe le croisillon sud du grand transept.

source de  la photo :

http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/4/4e/Clocher_abbaye_cluny_1.JPG

L’exposition assez courte, commence par une reconstitution en 3 D du grand portail pour permettre au visiteur de mieux comprendre sa composition, son iconographie, sa mise en couleur et sa place dans l’espace de la Grande Église.

Dans une seconde salle, on peut voir les quelques traces iconographiques de ce qu’était Cluny III. Puis les dessins et relevés de l’archéologue américain Kenneth John Conant lors des  fouilles réalisées   entre 1928 et 1950 . Ces fouilles ont été financées par la Medieval Academy of America en échange de la publication d’un ouvrage de synthèse consacré à Cluny III. Conant le publiera en 1968 ! Il reconstitue  le tympan dans sa chambre sur un tracé à la craie sur le sol, sur lequel il dispose les fragments qu’il a retrouvé. L’ensemble de ses découvertes, corquis, photographies, etc forme aujourd’hui le fonds Conant au musée d’art et d’architecture de Cluny.

Ces découvertes ont été largement complétées par les  6 000 fragments retrouvés lors des fouilles de l’avant-nef en 1988-1989.

Tout ceci  fait aboutir le visiteur dans une dernière salle ou une partie du portail a été reconstituée : les fragments les plus significatifs ont été disposés dans une structure monumentale (7 mètres de hauteur) qui sera présentée ensuite de façon permanente au Musée d’art et d’archéologie de Cluny.

Quelques uns des fragments retrouvés sont présentés : Saint Pierre (conservé à Rhode Island) , l’aigle de Saint-Jean (musée du Louvre)  , ainsi que plusieurs têtes issues de collections privées.

Conclusion : Une petite exposition à voir et pour compléter si on ne connait pas le musée de Cluny on peut poursuivre la visite car il y a de la matière à découvertes, notamment les tapisseries de la Dame à la Licorne.

informations pratiques  :

l’exposition a lieu jusqu’au 2 juillet 2012
Musée de Cluny – musée national du Moyen Âge
6, place Paul Painlevé
75005 Paris
01 53 73 78 16

Pour les enfants un livret-jeu de l’exposition « Cluny 1120 » est disponible  à l’accueil du musée

L’ensemble des animations du musée est consultable en ligne sur le site du musée.

Le site du musée propose des ressources en ligne sur ses collections permanentes.

Précision utile l’entrée du musée et de l’exposition est gratuite pour les enseignants munis du Pass Education

expo : Reims capitale mérovingienne.

Une belle exposition se tient en ce moment et jusqu’au 29 juillet 2012 au musée St Remi à Reims. elle est intitulée « Reims capitale mérovingienne ». Elle est organisée à l’occasion du 1500e anniversaire de la naissance du royaume franc de Reims 512 – 2012

Quelques repères historiques : 

A la mort du roi Clovis, le 27 novembre 511, son royaume était partagé entre ses quatre fils selon la coutume des Francs.
Les trois fils de Clovis et de Clotilde, encore enfants, reçoivent le royaume d’Orléans pourClodomir, le royaume de Paris pour Childebert et celui de Soissons pour Clotaire.

L’aîné, Thierry, seul adulte de la fratrie et issu d’une première union entre Clovis et une princesse rhénane qui fut sa concubine, hérite de la part la plus importante ; le royaume ainsi modelé se compose des actuels Palatinat, Rhénanie, Luxembourg, Lorraine et Champagne auxquels est rattachée l’Auvergne !
Sous le nom de Thierry 1er (Théodoric), le nouveau roi, soucieux de s’inscrire dans la continuité historique de son père et de profiter du prestige qui s’y attache, choisit Reims comme capitale.

Le Musée Historique Saint-Remi de Reims et le Musée municipal de Saint-Dizier se sont associés pour présenter cette exposition, en collaboration avec l’Inrap, afin de commémorer la naissance de cette entité territoriale qui perdura sur une soixantaine d’années au long du VIe siècle.
Le musée St Remi renferme une collection mérovingienne importante , à celle-ci sont associées des découvertes récentes. En effet, en 2002, au sud-est de l’agglomération de Saint-Dizier, une fouille préventive de l’Inrap au lieu-dit « La Tuilerie », mit au jour trois riches tombes appartenant à la haute aristocratie franque du royaume de Reims !

L’exposition :
Elle se présente en deux parties, la première commence dans la salle mérovingienne du musée où les collections permanentes présentent des sarcophages, des objets de la vie quotidienne. pour plus de détails, voir les photos de la base académique de Reims 

La seconde partie, dans la galerie des arcs-boutants, présente les découvertes archéologiques de Saint Dizier.


Une reconstitution de chacune des trois sépultures est présentée. Les personnages sont montrés avec leurs vêtements, dans leur tombe, tels qu’ils étaient lors de leurs funérailles. A chaque fois, des informations précises sont apportées et des vitrines permettent de voir tous les objets authentiques qui formaient le mobilier des tombes.

On commence par « la dame de Saint Dizier », jeune femme d’environ 18 ans. Elle reposait dans un cercueil de chêne sur lequel étaient déposés une coupe, un flacon en verre, un bassin en bronze et une poterie. Elle avait des bijoux et son ADN prouverait qu’elle avait un lien de parenté avec le second personnage.

Le ‘jeune chef » était âgé d’une trentaine d’années, il était de grande taille car mesurait 1,82m. Son cercueil était déposé dans une chambre funéraire cloisonnée de planches. Il était habillé avec de riches accessoires vestimentaires, une panoplie d’armes  et son cheval était dans une fosse à proximité. Son épée par exemple, possède un double anneau en argent doré fixé sur le pommeau. Ces anneaux retrouvés dans de très riches tombes du VIè siècle  dans le Nord-Ouest de l’Europe symbolisent un lien d’homme à homme. les tombes royales n’en possèdent pas, l’anneau était donc réservé à une élite, rattachée à une autorité plus haute.

Le « patriarche » était inhumé de la même manière que le plus jeune. Agé d’une cinquantaine d’années, il avait des problèmes de santé (relatif embonpoint et diabete). Parmi les objets déposés autour de lui, on remarque un seau au riche décor en bronze gravé.

L »exposition s’achève par la conclusion permettant de rattacher ces tombes au faciès archéologique des tombesdites “de chefs francs” du début du VIe siècle.

Renseignements pratiques :

– Le musée St Remi est à Reims  au 53 rue Simon.
tél. :  03.26.35.36.90
Du lundi au vendredi de 14 h à 18 h 30.
Samedi et dimanche de 14 h à 19 h.
Accès depuis Paris Par l’A4
ou 45 min. en TGV à partir de la gare de l’Est.

– L’exposition est visitable par tous petits et grands, des livrets/découverte pour le jeune public sont donnés à l’entrée du musée (pour les plus de 4 ans (avec des observations et coloriages) et pour les plus de 10 ans (l’aide des parents est parfois bien utile).

– Pour avoir toutes les informations sur les animations, ateliers, conférences  prévus autour de cette exposition : pour les petits et les grands : un programme très riche est prévu jusqu’en juillet 2012.

Pour télécharger le livret de l’exposition

expo : La véritable histoire de Zarafa

Pourquoi une girafe a-t-elle eu une influence sur la diplomatie au XIXè siècle ?

Vous le saurez en allant visiter la toute petite expositon au cabinet du muséum d’histoire naturelle : La véritable histoire de Zarafa.

Cette petite exposition relate donc l’aventure d’une girafe du Soudan qui s’est retrouvée embarquée en bateau sur le Nil puis jusqu’à Marseille pour enfin arriver à Paris après un périple à pattes de 880 km, le 30 juin 1827.
Pourquoi Zarafa s’est-elle retrouvée ainsi liée à  la diplomatie ?
Depuis l’expédition d’Egypte et la fin des guerres napoléoniennes, les échanges culturels et scientifiques  se sont développées entre la france et l’Egypte.
Dans les années 1820, Méhemet-Ali apporte son soutien à l’Empire Ottoman dans sa guerre contre la Grèce. mais en 1822, le massecre de la population de Chio, par les Turcs avec l’aide des troupes égyptiennes suscite l’indignation des pays occidentaux et en particulier de la France.

Afin d’apaiser ce contexte conflictuel, le Consul de France au Caire suggère à Méhemet-Ali d’offrir au roi de France Charles X, un cadeau diplomatique exceptionnel pour l’époque : une girafe vivante ! celui-ci venait d’acquérir deux girafeaux femelles, l’une sera destinée à la France, l’autre à l’Angleterre qui en avait sollicité l’envoi.
Et c’est ainsi que commença l’histoire de Zarafa.

L’exposition relate ce fait peu banal grâce au carnet de voyage rédigé par Etienne Geoffroy Saint Hilaire, professeur de zoologie du Muséum, responsable de la ménagerie du Jardin des Plantes et ancien de l’expédition d’Égypte, qui a accompagné la girafe tout le long de sa remontée jusqu’à Paris.

Elle devient la «star» du Jardin des Plantes. 600 000visiteurs viennent l’admirer durant l’été 1827 !
Des billets spéciaux sont imprimés à cette occasion. Grâce aux recettes, le Muséum fait construire de nouveaux bâtiments.
La girafe devient follement à la mode ; son effigie est reproduite sur des assiettes, des papiers peints que l’on peut voir dans les vitrines  de l’exposition.

En 1845, elle meurt dans l’indifférence. Naturalisée, elle est aujourd’hui exposée au Muséum de La Rochelle.

Les enfants apprécieront aussi de voir les reproductions des dessins, les objets de la girafomania, et une toute petite expo peut ainsi leur donner envie de revenir dans un musée. La promenade ensuite dans le jardin des plantes ou la visite de la ménagerie complétera de façon ludique cette « leçon d’histoire ».

Les ressources en ligne :

– les infos pratiques :  horaires, accès, tarifs.

– On peut télécharger un petit document racontant cette histoire

expo : les miniatures flamandes à la Bnf

Vous n’avez jamais vu de manuscrits enluminés ?
Vous aimez les manuscrits enluminés ?

Alors vite allez voir la magnifique exposition à la Bibliothèque nationale de France, site François Mitterrand.

Cette exposition est organisée en collaboration avec la Biblitothèque royale de Belgique. Pourquoi ?

Les anciens Pays-Bas méridionaux comportaient de nombreux territoires, progressivement réunis sous l’autorité des ducs de Bourgogne. Au cours du siècle, Philippe le Hardi, Jean sans Peur, Philippe le Bon et Charles le Téméraire gagnèrent peu à peu en indépendance et constituèrent une entité territoriale autonome étendue, correspondant au Nord de la France et à l’actuelle Belgique.
L’ensemble des œuvres qui y virent le jour sont dites « flamandes ». Le mot, employé dans son sens le plus large, ne concerne donc pas seulement le comté de Flandre.

La bibliothèque des ducs de Bourgogne est à l’image de leur puissance. Amateurs d’art et de littérature, ils se constituent peu à peu une bibliothèque aussi riche que diversifiée.  C’est aussi une manière d’asseoir leur autorité. Et les courtisans suivent leur exemple.

L’exposition parcourt donc une période qui commence sous le règne de Jean sans Peur (1404) et s’achève avec la disparition de Marie de Bourgogne (1482), dernière héritière de la dynastie bourguignonne.

Les deux organismes se sont donc associés pour présenter en deux expositions 90 manuscrits. La 1ère expo a eu lieu fin 2001 à Bruxelles et la seconde se déroule jusqu’au 10 juin 2012 à la BnF sur le site François Mitterrand.

Deux ouvrages issus chacun de l’une des bibliothèques, sont particulièrement mis en valeur :
La Vie de sainte Catherine d’Alexandrie, a été réalisé à la fin du Moyen-Âge pour Marguerite d’York, sœur du roi d’Angleterre Edouard IV et épouse de Charles le Téméraire. C’est un manuscrit inédit de Simon Marmion, l’un des plus grands enlumineurs du XVe siècle. Il comporte entre autres quatorze miniatures, accompagnées de bordures décorées de fleurs et de rinceaux, illustrant les épisodes de
la vie de sainte Catherine d’Alexandrie. Il a été acquis en 2011 par la BnF grâce au mécénat et avait été classé « trésor national » en 2008

Les Chroniques de Hainaut.  Commandé par Philippe le Bon ce manuscrit est aujourd’hui à la Bibliothèque royale de Belgique. En 1446, le duc a en sa possession la Bourgogne, la Franche-Comté et la Flandre dont il a hérité  mais aussi d’autres possessions couvrant les anciens Pays-Bas méridionaux, en particulier le Hainaut confisqué à force de persévérance à sa cousine Jacqueline de Bavière. Sa puissance et sa fortune dépassent celles du roi de France. et le frontispice de ses chroniques le met en valeur dans une scène « d’hommage vassalique ». Le commentaire complet de cette enluminure, la seule connue de Roger Van der Weyden est disponible sur le site en téléchargement soit audio soit en fichier pdf

L’exposition est organisée selon 3 thématiques : les pratiques des enlumineurs, les commanditaires et une galerie d’artistes.

1ère thématique : Les pratiques des enlumineurs.
Quatre centres d’intérêt permettent de découvrir les techniques de l’enluminure : Un art de la narration, les œuvres collectives, la grisaille et un exemple de Philippe de Mazerolles, libraire et chef d’atelier.

La miniature utilise deux techniques. La peinture sur parchemin, comparable à la technique de la gouache avec des couleurs couvrantes, intenses et vives. La peinture sur papier privilégie  le dessin aquarellé aux couleurs liquides.  Les feuillets déreliés du Roi Modus et du  roman de Gérard de Nevers offrent deux exemples de ces techniques et de leurs ressources.

On peut aussi comprendre comment fonctionnaient les ateliers, quelle était la technique de la grisaille (La grisaille est une peinture ton sur ton, en camaïeu utilisant plusieurs niveaux de gris, du blanc au noir) avec par exemple la Chronique de Charlemagne enluminée .

2ème thématique : Les commanditaires.

Les manuscrits comportent des images de dédicace où le commanditaire est représenté recevant le livre dans des mises en page élaborées.  Les Chroniques de Hainaut sont l’un des plus beaux exemples.  La scène que l’on peut voir est une mise en scène du pouvoir ducal.

La « Librairie » de Philippe Le Bon est présentée. Cette bibliothèque qui comptait une majorité d’ouvrages profanes à caractère luxueux fut sans équivalent au nord des Alpes. L’inventaire dressé à sa mort en 1467 fait état de 865 volumes environs.

Les bibliophiles : Les ducs entretiennent une cour fastueuse qui favorise à son tour la production de livres enluminés, réclamant les mêmes titres ou en suscitant d’autres. Aux familiers, s’ajoutent les membres de la haute noblesse. On voit des oeuvres produites pour Charles le Téméraire, son demi-frère, Antoine de Bourgogne, son épouse Marguerite d’York,  ainsi que Louis de Bruges

La Toison d’or : c’est un ordre de chevalerie fondé à Bruges, en 1430, par Philippe le Bon à l’occasion de son mariage avec Isabelle de Portugal. Réservé aux nobles les plus importants de sa cour ou aux princes étrangers, ses membres s’engageaient à faire vivre l’idéal de la chevalerie et à défendre la foi.
On peut feuilleter en ligne le Grand armorial équestre de la toison d’or 

L’antiquité révisitée : La production littéraire à la cour de Bourgogne accorde une place importante à l’Antiquité, mais celle-ci est rêvée, vue à travers le filtre médiéval où l’histoire et la légende se confondent.

La 3ème thématique : La galerie d’artistes permet de parcourir toute la production dans sa variété et ses évolutions depuis ceux qui ont encore la facture de l’école parisienne jusqu’aux bordures « ganto-brugeoises » qui annoncent une césure artistique en 1480. Gand et Bruges sont alors les deux plus gros centres de production. Les encadrements, dorés ou colorés, se remplissent de fleurs coupées, d’oiseaux et d’insectes peints en trompe-l’œil. Plus fondamentalement, les miniatures sont peu à peu conçues selon la même esthétique illusionniste que les tableaux de chevalet.

On peut ainsi voir des oeuvres de Willem Vrelant, Jean Le Tavernier, Loyset Liédet, et d’autres qu’on identifie par leur commanditaire comme le Maître d’Antoine de Bourgogne, Le Maître de Marguerite d’York, le Maître de Wavrin.

Les ressources en ligne sont absolument formidables à la fois pour préparer une visite, pour se replonger dans les manuscrits (on peut en feuilleter, zoomer sur des détails qu’on a du mal à voir dans les vitrines …)

Voici l’accès vers quelques unes de ces ressources  

  pour tous :

– l’exposition virtuelle

– les livres interactifs

– les « arrêts sur » : le contexte historique, l’art du livre.

pour les enseignants :

* un parcours découverte pour les enfants (on peut le demander à l’entrée de l’expo).

* les fiches pédagogiques pour les enseignants

l’Apocalypse
l’Armorial (L’Armorial équestre de la Toison d’or)
Jean d’Avesne   (roman en prose)
Jean Froisssard, Chroniques

On peut télécharger en complément le dossier pédagogique de l’exposition de Bruxelles qui met un accent plus fort sur la fabrication des manuscrits.

* la visite guidée des oeuvres en téléchargement (en fichiers sons, en fichiers PDF)

Pour venir avec une classe à l’exposition :

les horaires, les tarifs etc …