Porto : vignoble, caves et vinothécaire

Pour un enseignant d’histoire géographie, la formation personnelle passe aussi par les voyages et le tourisme gastronomique est une des facettes de ces voyages.

Le vignoble de Porto* en est un exemple.

Il faut d’abord passer par l’histoire des relations franco-anglaises pour trouver l’origine de la célébrité du vin de Porto. Au début du XVIIIè siècle , on buvait beaucoup de vin français au Portugal et le traité de Methuen(1) en 1703, taxe sévèrement celui-ci. En échange, l’Angleterre s’engage à acheter les vins portugais. Pour faire voyager ces vins, on y ajoutait de l’eau-de-vie pendant la fermentation. C’est le marquis de Pombal qui délimita en 1756 la région viticole des vins du Douro. Ainsi se créèrent les premières « quintas » achetées par les Anglais au XVIIIe siècle.

Les caves :

Tout commence par la ville de Porto : c’est là que vont les touristes, à la fois pour visiter la ville mais beaucoup viennent surtout pour les caves qui se situent au pied du pont Don Luis à Vila Nova de Gaïa, face à Porto au bord du Douro. On peut visiter de très nombreuses caves et bien sûr déguster et acheter du Porto.
Le site officiel des caves , celui de l’association des vins de porto (l’AEVP) est en portugais, avec une version en anglais et permet de faire son choix.

Le pont Don Luis, construit entre 1880 et 1886, il est plus récent que celui de Gustave Eiffel, situé un peu en amont.

Les caves s’étalent de long des quais.

Un rabelo.

Les petits bateaux à voile carrée amarrés les « rabelos » sur le quai ne sont plus là que pour poser devant les objectifs des touristes, car le vin était autrefois  acheminé par le fleuve depuis les vignes en amont du Douro. Aujourd’hui tout se fait par la route.

Le vignoble :

Et c’est là qu’il ne faut pas rester à Porto, il faut remonter le fleuve car le vignoble se situe à l’Est, dans la vallée du Douro à partir de 100 km de Porto et jusqu’à la frontière espagnole.

On peut choisir de s’y rendre par la route, elle est sinueuse mais on peut s’arrêter où l’on veut et aller dans une « quinta » pour déguster et /ou acheter du Porto.

Le bateau est une autre façon de découvrir les paysages en prenant son temps, de nombreuses possibilités existent et la croisière d’une journée (retour en soirée en train) est vraiment à recommander. Il faut au moins aller jusqu’à la ville de Pinhao pour pouvoir observer les paysages les plus caractéristiques. Les organisateurs des croisières proposent de s’arrêter dès la ville de Peso da Régua (le billet est moins cher) mais c’est dommage car c’est à partir de cette ville que commence vraiment le vignoble du Porto.

La vallée du Douro, très protégée, allie le climat aride, le sol et le cépage. Le paysage viticole est classé aujourd’hui au patrimoine mondial de l’Unesco. Les vignobles couvrent 250 000 ha dont seulement 10% sont plantés. Depuis l’époque romaine, les vignes sont plantées en terrasses étroites ou aucun véhicule ne peut accéder et les racines des plants doivent descendre jusqu’a 12 metres de profondeur pour puiser de l’eau.

Voici quelques vues de ce vignoble vraiment particulier où le travail des hommes a façonné les flancs de la vallée. Les photos sont de grande taille pour être utilisées par ex pour le programme de 6ème.

Le vignoble vu depuis le bateau.

… et vu d’avion : au centre le Douro. On distingue assez bien les terrasses de part et d’autre de la vallée

Tout le flanc de la vallée est cultivé : vignes en terrasses et oliviers.

Les vignes sont cultivées en terrasses. Au centre de la photo : une quinta, exploitation viticole

Un petit reportage en ligne sur un site de guide  donne quelques précisions sur le vignoble et le vin.

Au cours de la croisière on franchit plusieurs écluses et ces étapes sont une distraction appréciée par les petits et les grands.

Barrage de Carrapatelo : dénivelé de 35m

Barrage de Bagauste : dénivelé de 27m.

Bref une bonne journée en perspective : se munir d’un pull pour le matin et d’un chapeau de soleil pour la suite ainsi qu’un bouquin ou des amis avec lesquels discuter !

Le vinothécaire :

Enfin si on a encore du temps et si on veut accéder aux saveurs du vin de Porto en sortant des vins servis aux touristes dans les caves, il faut retourner à Porto,  28/30 rua Sao Joao, près de la praça da Ribeira et là on découvre un lieu particulier : un bar à Porto, où on nous fait déguster des Portos de tous âges. On commande au verre et ainsi on peut comparer. Par exemple, un Porto de plus de 40 ans d’âge cela ne s’oublie pas !  L’accueil est chaleureux, le propriétaire, Jean Philippe Duhard à passé la main Julien dos Santos..  Attention, il vaut mieux repartir en transports en commun qui sont très bien organisés à Porto.Le site est en cours de modification, on ne peut que s’y inscrire et on nous préviendra de son ouverture.

Pour le faire c’est avec ce lien

Quelques informations sont en ligne sur un autre site : horaires, localisation précise et brève présentation.

 

*L’ABUS D’ALCOOL EST DANGEREUX, CONSOMMER AVEC MODÉRATION

(1) Le Traité de Methuen fut signé à Lisbonne le 27 décembre 1703 entre l’Angleterre et le Portugal. Ce traité commercial prévoit que l’Angleterre peut exporter librement son textile vers le Portugal et ses colonies, le Portugal pouvant quant à lui exporter son vin vers l’Angleterre. Le nom du traité vient de l’homme politique anglais John Methuen, l’ambassadeur au Portugal qui négocia ce traité. Source Wikipédia.

Les photos de cet article ont été réalisées par l’auteur de l’article en août 2012.

La demeure médiévale à Paris, expo aux Archives nationales.

Une superbe exposition, très documentée se déroule en ce moment et jusqu’au 14 janvier 2013 aux Archives nationales, rue des Francs-Bourgeois à Paris. Elle est consacrée à la demeure médiévale. Dans la cour des Archives de grandes photographies de certaines de ces demeures.

L’exposition est organisée en 4 parties avec des documents manuscrits (et plusieurs fois une transcription d’extraits), des maquettes, des sculptures, des gravures.

A noter la présence de documents numériques :
– une animation numérique : construction d’une maison parisienne traditionnelle à pan de bois de la fin du Moyen-Age
– une application multimédia interactive permettant de localiser les demeures médiévales en fonction de leur époque
– une restitution en 3D des caves de la maison d’Ourscamp

Les quatre parties permettent la présentation de :
I) La ville de Paris au Moyen-Age
– la ville et son reflet dans les sources historiques
– la demeure dans l’espace urbain
– la demeure médiévale dans le paris actuel (avec en particulier l’hôtel de Clisson)
– les demeures de l’élite parisienne, l’habitat des faubourgs, les maisons sur les ponts.

II) La demeure en chantier
– le décor monumental
– les caves médiévales à Paris

III) Une chambre parisienne à la fin du Moyen-Age
Tout un ensemble de mobilier et d’objets permettent au visiteur d’avoir une idée précise de l’intérieur d’une demeure (à compléter avec ce que l’on peut voir à la Tour Jean Sans Peur dont la maquette est d’ailleurs présente dans cette exposition)

IV) Postérité
Il s’agit de présenter de quelle manière la demeure médiévale  parisienne est restée présente dans la littérature, le cinéma, l’archéologie.

Les ressources : 

Un diaporama en ligne permet de lire et déchiffrer un document manuscrit . Il s’agit d’une charte de 1295 (27 ou 28 juillet) Acte du prévôt de Paris notifiant un rapport d’experts qui donne raison au curé de cette église contre le voyer du roi, Étienne Barbette, au sujet de la légalité de fenêtres percées dans une maison située entre le cimetière et la fontaine des Saints-Innocents.

Ne pas oublier de demander le précieux livret élaboré pour cette exposition : il permet pour chaque document exposé d’avoir un commentaire précis. Il faut d’ailleurs prévoir entre 1h30 et 2h pour pouvoir profiter de toutes les informations de l’exposition conjuguées avec celles du livret. Pour tous les renseignements pratiques, consulter le site des archives nationales