Le pavillon de l’Ermitage, une « folie » parisienne.

Dernier élément du domaine de Bagnolet, ancienne propriété de la duchesse d’Orléans, le pavillon de l’Ermitage est aujourd’hui la seule folie parisienne de style Régence encore existante.

jpg_ermitage1

Quelques dates :

12 mars 1719, la duchesse d’Orléans, épouse du régent Philippe d’Orléans achète le domaine de Bagnolet, dont elle fait sa villégiature.

1719-1735 : Elle agrandit et décore le château et son parc (80 ha.
Dans le parc elle fait édifier 3 pavillons d’agrément dont l’Hermitage (ou Ermitage). La décoration intérieure se compose de peinture murales en grisaille, attribuées à Jean Valade (voir photo)et style régence. Dépourvu d’huisseries et non chauffé l’Ermitage est un bâtiment d’agrément, utilisé seulement à la belle saison.

1749-1769 : En 1761, le petit-fils de la duchesse, Louis-Philippe, décore l’Ermitage à la mode de l’époque. Il en reste les peintures murales du salon, réalisées selon le goût à la grecque (début du néo-classicisme).

1769 : le domaine est vendu, puis morcelé.

Au cours du siècle suivant le pavillon et son parc (11600 m2) change de propriétaires (baron de batz, François Pomerel)et est vendu à l’Assistance Publique.

Au XXè siècle :

Il fera partie de l’hospice Debrousse jusqu’en 1972 où il sera rattaché au centre d’action Sociale de la Ville de Paris à qui il appartient toujours.Il a été restauré en 1987 et ouvert au public en 2005 par l’association des Amis de l’Ermitage.

P1040688

Que peut-on y voir ?

Un salon, le vestibule ovale et son cabinet adjacent.

Du décor d’origine il reste trois peintures murales en grisaille qui représentent 3 ermites dont saint Venert et Ste Azelle. La décoration néoclassique du salon Nord, en trompe-l’oeil est quasiment comme en 1761.

jpg_sainte_desert

La muséographie retrace en 6 panneaux l’histoire des lieux, l’évolution du bâtiment et sa décoration.

Des expositions temporaires sont organisées.
En ce moment et jusqu’au 15 décembre 2013 : « De la vigne aux barricades. Charonne et l’Est parisien 1850-1880 »

P1040686

Renseignements pratiques

adresse :

148 rue de Bagnolet
75020 Paris
tel 01 40 24 15 95

pour s’y rendre :
Métro : porte de Bagnolet ( à deux stations du Pére Lachaise)
bus 76 (arrêt Bagnolet/Pelleport)
Tram : Porte de Bagnolet.

Les périodes d’ouvertures

Elles ne sont pas nombreuses, il faut prévoir :
L’Ermitage est fermé au public des vacances de Noël à début mars ainsi qu’au mois d’août (sauf visites guidées sur RV)
Du 7 mars  au 15 décembre 2013  : du jeudi au dimanche; de septembre à décembre : du vendredi au dimanche.

Tarifs :
plein tarif : 3€
tarif réduit (dont les enseignants) : 2€

visites guidées :

Il y a des possibilités de visites guidées sur RV pour des groupes : soit seulement l’Ermitage (8€) , soit l’Ermitage et le « village » de Charonne situé juste à côté : village, église et cimetière (11€). Je n’ai pas fait cette visite mais j’en ai parlé avec le directeur Rémi Rivière (qui gère aussi la Tour jean sans Peur) et cela m’a semblé intéressant.
Cette visite serait possible pour des élèves de 4è, à organiser avec lui.

D’autres visites guidées sont  proposées  sur le site du pavillon.

Publicités

Léonard de Vinci, projets, dessins, machines : exposition à la Cité des sciences

L’exposition depuis le mois d’octobre 2012 et jusqu’au 18 août 2013, est construite autour de la collection de maquettes de machines du Museo Nazionale della Scienza e della Technologia de Milan. Ces 40 maquettes ont été créées dans les années 1950 à partir des dessins de Léonard. Aujourd’hui, des chercheurs étudient aussi la nature avec attention et s’en inspirent pour créer machines et matériaux nouveaux, reprenant à leur compte la démarche intuitive de Léonard.

L’exposition est organisée autour des thèmes suivants :
– Introduction : des écrans permettent de visualiser le contexte et l’oeuvre de Vinci. L’inconvénient est qu’il y a 4 écrans et que l’accès en est difficile si les visiteurs sont nombreux. Heureusement c’est en ligne sur le site !

– Transformer le mouvement : on peut par exemple voir la maquette de la grande grue à contrepoids dessinée par Léonard à partir des observations qu’il a faites sur le chantier de la cathédrale de Florence par Brunelleschi.
Dans cette partie se trouve une « table multitouch » où l’on peut observer certaines pages des manuscrits de Léonard.

– Préparer la guerre : Architecte et ingénieur militaire pour Cesare Borgia, Vinci dessine  de nombreuses armes et dispositifs militaires.

– S’inspirer du vivant : La bioinspiration est une nouvelle discipline scientifique  qui  renvoie à une idée lumineuse de Léonard de Vinci : puiser des solutions techniques dans la Nature. On peut découvrir des projets actuels tels que le Smartbird, inspiré du vol du goéland;  le robot octave, inspiré de la vision et du vol de la mouche et de l’abeille; la soie de l’araignée dont les chercheurs essayent de reproduire les caractéristiques de manière industrielle; l’avion du futur qui utilise les caractéristiques de la peau de requin, de la feuille de lotus … er enfin le robot Angels qui reproduit la nage de l’anguille .

– Imaginer le vol :  Léonard réalise plusieurs études sur le vol. Les ailes mécaniques qu’il dessine transposent ses observations sur le vol des oiseaux.

– Améliorer la fabrication : À Milan, Léonard fait du textile l’un de ses champs d’étude privilégiés, cherchant à résoudre les problèmes pratiques qu’il observe : fabrication des cordes ou du feutre, bobinage, cardage. Il améliore les procédés existants notamment en les automatisant.

Il conçoit aussi des fêtes et des spectacles, depuis la machinerie jusqu’aux costumes et aux lumières : on eut voir une maquette de scène (en panne en ce mois de juillet)

– Unifier le savoir :  Cette dernière partie permet d’avoir une vision très large et thématique du contenu de ses carnets dont une partie se trouvent en France.

L’ensemble des ressources mises en ligne sur le site de la Cité des sciences est très complet :

– de nombreuses animations visibles dans l’exposition sont en ligne, un parcours sonore pour smartphone est téléchargeable et sur la même page les fichiers sons et textes de ce parcours.

un carnet de visite en famille est téléchargeable et disponible à l’entrée de l’exposition.

Un jeu en ligne pour les CM et 6-5è « De simples machines ».

Il faut compter environ deux heures si on veut regarder l’ensemble des animations proposées. Cette exposition est accessible aux plus jeunes car très visuelle et conviendra à toute la famille. De plus, en ces temps de vacances estivales, la cité des sciences ne semble pas trop fréquentée, ce qui permet un meilleur accès aux différentes animations multimédias de cette exposition.

Pour trouver les informations pratiques :

Le site de l’exposition

La Tour Saint Jacques ouverte au public cet été.

Depuis début juillet 2013 et jusqu’au 15 septembre 2013, la Tour saint Jacques est ouverte au public pour des visites !
Ces visites sont gérées par les Amis de la Tour Jean sans Peur et ne peuvent se faire que sur réservation dans la limite de 17 personnes !
Pour avoir les modalités de réservation, un mini-site est en ligne.

P1040690

Un peu d’histoire :

La Tour Saint Jacques est le seul reste de l’église Saint Jacques de la Boucherie.L’église Saint-Jacques-de-la-Boucherie est consacrée en 1415. À la fin du XVe s., l’église est terminée mais sans nouveau clocher. Les travaux débutent en 1509 et prennent fin pour la Noël 1523.
A la Révolution, l’église est vendue comme bien national mais le clocher n’est pas détruit. Son emplacement en plein centre de Paris était un lieu de guet, par exemple pour les départs de feux.
En 1824, un industriel achète la tour pour y implanter une fabrique de plombs de chasse à l’anglaise, qui perdure jusqu’en 1842.
La Ville de Paris en redevient propriétaire en 1850, le socle de la tour date de cette époque. Les abat-sons des baies sont remplacés par des vitraux, transformant ainsi le clocher de l’église Saint-Jacques-de-la-Boucherie en tour Saint-Jacques. On peut d’ailleurs lire les noms des restaurateurs sur les baies au second niveau de la tour sous le clocher.
La tour a une utilisation scientifique avec l’installation de l’observatoire municipal de météorologie de Montsouris à la fin du XIXè siècle. les météorologues y auront même un logement au premier niveau.
On raconte que Blaise Pascal y aurait fait des expériences mais c’est incertain.Par contre une statue de celui-ci se trouve en bas de la tour sur le socle.

P1040691

Différentes restaurations ont eu lieu (milieu du XIXè siècle, d »but du XXè siècle) dont la dernière entre 2006 et 2013 a permis l’ouverture au public.

L’édifice :

La tour fait 54 m de hauteur et il faut gravir environ 300 marches pour arriver au sommet.
La décoration est du style gothique flamboyant

P1040700
Les statues sont quasiment toutes des copies car elles étaient très endommagées par la pollution et les pluies acides.

P1040708

 

On peut observer de petits personnages sur les voussures, tel que celui-ci :

P1040693Le 1er niveau de la tour servait de refuge pour les indigents protégés par l’Eglise. On y trouve aujourd’hui des moulages de sculptures dont se sont servis les restaurateurs.
Le second niveau visitable est situé sous le clocher, c’et là qu’était installée la fabrique de plombs de chasse.
Enfin le sommet de la tour; équipé de paratonnerres permet de voir Paris.

La vue de Paris :

Le visiteur, bien fatigué par la montée des marches peut alors découvrir des vues magnifiques de Paris.

La tour est quasiment à la croisée Nord-Sud et Est-Ouest et cette position permet une vue qu’on n’a pas ailleurs dans la ville.

Quelques exemples de ce que l’on peut voir :

la rue de Rivoli avec au loin la Défense.

rue_rivoli_depuis_tsj

 

Le chantier de construction de la « canopée » du Forum des Halles

P1040733

L’île Saint Louis et l’île de la Cité

P1040714

 

Enfin une vue panoramique en direction du Sud.

pano_sud_tstj

La fête au Moyen-Age : expo à la Tour Jean Sans Peur

L’exposition 2013 de la Tour Jean sans Peur est consacrée à la Fête au Moyen Age.

P1030712

Au Moyen Âge, un jour sur trois est chômé en raison des fêtes.
Les célébrations religieuses rythment le calendrier, mais l’année est également riche en festivités profanes : les fêtes personnelles, communautaires et politiques sont prétexte à processions, joutes, tournois, festins…qui consolident sans cesse les liens sociaux. Au pied d’un mât de cocagne, au cœur d’un charivari, au milieu d’une farandole, sur un char bariolé, costumé en sauvage ou en fou, l’individu profite d’une vie qu’il sait précaire.

L’exposition est organisée selon 4 grands thèmes :

– Le calendrier chrétien

L’année médiévale compte une quarantaine de jours fériés liés aux fêtes religieuses et comporte deux grands cycles : Noël et Pâques.
Les fêtes sont si intimement liées à la vie quotidienne qu’à certaines (Épiphanie, Saint-Michel, Saint-Rémi…) sont associés les événements de la vie économique : les foires, la perception des impôts…

MASCARADES : Le travestissement fait partie intégrante de la fête. Le thème de la nature inspire de nombreux costumes comme le vêtement vert du premier mai ou bien celui de l’homme sauvage, en vogue dans les cours princières comme au «Bal des ardents» en 1393, durant lequel les costumes du roi Charles VI et de ses amis prirent feu !P1030639A d’autres moments, c’est l’inversion des rôles qui domine : les écoliers se déguisent en professeurs, les hommes en femmes…
Dans les cours, les fous voient leur vêtement évoluer. Simple tenue munie d’une capuche à grelot, il devient costume dépareillé, multicolore, complété par une coiffe en forme d’oreilles d’âne. Son accessoire d’origine, massue ou fléau, devient ensuite marotte à sa propre effigie.

– les fêtes personnelles

Les familles se réunissent lors des baptêmes, mariages et funérailles. charivaris par des groupes de jeunes gens aux costumes effrayants.

MARIAGE : A l’origine contrat civil entre deux familles et se déroulant à la maison, il devient un sacrement à partir du XIIe siècle. Durant les quarante jours qui précèdent le mariage, l’église enquête notamment sur les liens de parenté. Le mariage est consommé lors de la nuit de noces, dans la chambre bénie par le prêtre. Au petit matin, les invités servent aux jeunes mariés le chaudeau, un bouillon réparateur. Suivent plusieurs jours de festivités.
fete-mariage                                                                                      Un mariage. David Aubert, Renaut de Montauban,Flandre, vers 1465.
Paris, © Bibliothèque de l’Arsenal, ms 5075, f° 239 v°
Le seul anniversaire fêté est celui des morts, un mois après le décès puis renouvelé chaque année.

– Les fêtes communautaires

Lorsqu’arrivent les beaux jours, villes et villages fêtent les Rogations en déambulant à travers champs pour obtenir la protection divine sur les récoltes.
Le mois de mai voit aussi la célébration des premiers amours : les jeunes hommes plantent une branche d’arbre ou « mai » devant  la maison des jeunes filles en âge de se marier.
Liées à une communauté de fidèles ou à un métier, les confréries honorent leur saint patron par un défilé puis une messe, suivis d’agapes.

DANSES : Aux XIIIe et XIVe siècles, la danse la plus répandue est la carole, où groupes d’hommes et de femmes forment une chaîne ouverte ou fermée et où les femmes dirigent les pas.
Dans les milieux aristocratiques à la fin du Moyen Âge, les danses de groupes sont remplacées par des danses de couples comme la basse danse à la chorégraphie précise, lente et majestueuse.
Au même moment apparaissent les danses de spectacle telles les moresques, au rythme vif, dont dont les costumes évoquent les pays exotiques.fete-ronde                                                                                Ronde autour de l’arbre. Heures de Charles d’Angoulême, Angoumois, v. 1480.
Paris, © BnF, ms Latin 1173, f° 20 v°Dans la noblesse, les tournois permettent aux chevaliers nouvellement adoubés de prouver leur aptitude au combat.

Si la population organise des repas de fêtes assez simples (agneau pascal, crêpes de la chandeleur…), le seigneur tend à impressionner ses convives, notamment au moment de l’entremet, présenté au milieu du repas : entremet théâtral avec reconstitution d’une croisade, pâté géant d’où s’envolent des oiseaux, paon sur lequel on prononce un vœu…

– les fêtes politiques

A la fin du Moyen Âge, deux pouvoirs rivalisent d’imagination dans la conduite des festivités : la royauté et les villes.
Dès le XIIIe siècle, les villes s’emparent des joutes et tournois en se livrant bataille sur la grand place sur laquelle se déroule également le défilé des élites urbaines.
fete-tournoi                                                                                  Les trophées du tournoi. Quinte Curce, Histoire d’Alexandre, Bruges,1470,
Paris, © BnF, ms Français 22547, f° 104

Des chars aux machineries complexes agrémentent ces parades.

LES CHARS : Les chars, originellement simples charrettes portant des acteurs masqués, se transforment à la fin du Moyen Âge en machines plus complexes : en forme de bateau, de licorne, d’éléphant, de cygne…manipulés par des animateurs portant des costumes régis par le thème : un meunier pour le moulin, un équipage de marins pour une nef, voire une garnison complète pour un château.

La grande noblesse tient à rendre publics, lors de processions fastueuses, baptêmes, sacres et funérailles, mais également entrées dans les cités. Dans les rues jonchées de fleurs, lait ou vin coulent à profusion ; tableaux vivants et spectacles à automates animent ce joyeux avènement, savant mélange de propagande politique et de parade.

Renseignements pratiques :

Horaires :
Individuels
 (13h30 – 18h00) : 10/04/2013 – 10/11/2013, du mercredi au dimanche
Groupes : Tous les jours sur rendez-vous

Accès : 20 rue Étienne Marcel, 75002 Paris

consulter le site de la Tour  (certainement en cours de refonte car il est actuellement très « léger »).