La Tour Saint Jacques ouverte au public cet été.

Depuis début juillet 2013 et jusqu’au 15 septembre 2013, la Tour saint Jacques est ouverte au public pour des visites !
Ces visites sont gérées par les Amis de la Tour Jean sans Peur et ne peuvent se faire que sur réservation dans la limite de 17 personnes !
Pour avoir les modalités de réservation, un mini-site est en ligne.

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Un peu d’histoire :

La Tour Saint Jacques est le seul reste de l’église Saint Jacques de la Boucherie.L’église Saint-Jacques-de-la-Boucherie est consacrée en 1415. À la fin du XVe s., l’église est terminée mais sans nouveau clocher. Les travaux débutent en 1509 et prennent fin pour la Noël 1523.
A la Révolution, l’église est vendue comme bien national mais le clocher n’est pas détruit. Son emplacement en plein centre de Paris était un lieu de guet, par exemple pour les départs de feux.
En 1824, un industriel achète la tour pour y implanter une fabrique de plombs de chasse à l’anglaise, qui perdure jusqu’en 1842.
La Ville de Paris en redevient propriétaire en 1850, le socle de la tour date de cette époque. Les abat-sons des baies sont remplacés par des vitraux, transformant ainsi le clocher de l’église Saint-Jacques-de-la-Boucherie en tour Saint-Jacques. On peut d’ailleurs lire les noms des restaurateurs sur les baies au second niveau de la tour sous le clocher.
La tour a une utilisation scientifique avec l’installation de l’observatoire municipal de météorologie de Montsouris à la fin du XIXè siècle. les météorologues y auront même un logement au premier niveau.
On raconte que Blaise Pascal y aurait fait des expériences mais c’est incertain.Par contre une statue de celui-ci se trouve en bas de la tour sur le socle.

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Différentes restaurations ont eu lieu (milieu du XIXè siècle, d »but du XXè siècle) dont la dernière entre 2006 et 2013 a permis l’ouverture au public.

L’édifice :

La tour fait 54 m de hauteur et il faut gravir environ 300 marches pour arriver au sommet.
La décoration est du style gothique flamboyant

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Les statues sont quasiment toutes des copies car elles étaient très endommagées par la pollution et les pluies acides.

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On peut observer de petits personnages sur les voussures, tel que celui-ci :

P1040693Le 1er niveau de la tour servait de refuge pour les indigents protégés par l’Eglise. On y trouve aujourd’hui des moulages de sculptures dont se sont servis les restaurateurs.
Le second niveau visitable est situé sous le clocher, c’et là qu’était installée la fabrique de plombs de chasse.
Enfin le sommet de la tour; équipé de paratonnerres permet de voir Paris.

La vue de Paris :

Le visiteur, bien fatigué par la montée des marches peut alors découvrir des vues magnifiques de Paris.

La tour est quasiment à la croisée Nord-Sud et Est-Ouest et cette position permet une vue qu’on n’a pas ailleurs dans la ville.

Quelques exemples de ce que l’on peut voir :

la rue de Rivoli avec au loin la Défense.

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Le chantier de construction de la « canopée » du Forum des Halles

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L’île Saint Louis et l’île de la Cité

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Enfin une vue panoramique en direction du Sud.

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La fête au Moyen-Age : expo à la Tour Jean Sans Peur

L’exposition 2013 de la Tour Jean sans Peur est consacrée à la Fête au Moyen Age.

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Au Moyen Âge, un jour sur trois est chômé en raison des fêtes.
Les célébrations religieuses rythment le calendrier, mais l’année est également riche en festivités profanes : les fêtes personnelles, communautaires et politiques sont prétexte à processions, joutes, tournois, festins…qui consolident sans cesse les liens sociaux. Au pied d’un mât de cocagne, au cœur d’un charivari, au milieu d’une farandole, sur un char bariolé, costumé en sauvage ou en fou, l’individu profite d’une vie qu’il sait précaire.

L’exposition est organisée selon 4 grands thèmes :

– Le calendrier chrétien

L’année médiévale compte une quarantaine de jours fériés liés aux fêtes religieuses et comporte deux grands cycles : Noël et Pâques.
Les fêtes sont si intimement liées à la vie quotidienne qu’à certaines (Épiphanie, Saint-Michel, Saint-Rémi…) sont associés les événements de la vie économique : les foires, la perception des impôts…

MASCARADES : Le travestissement fait partie intégrante de la fête. Le thème de la nature inspire de nombreux costumes comme le vêtement vert du premier mai ou bien celui de l’homme sauvage, en vogue dans les cours princières comme au «Bal des ardents» en 1393, durant lequel les costumes du roi Charles VI et de ses amis prirent feu !P1030639A d’autres moments, c’est l’inversion des rôles qui domine : les écoliers se déguisent en professeurs, les hommes en femmes…
Dans les cours, les fous voient leur vêtement évoluer. Simple tenue munie d’une capuche à grelot, il devient costume dépareillé, multicolore, complété par une coiffe en forme d’oreilles d’âne. Son accessoire d’origine, massue ou fléau, devient ensuite marotte à sa propre effigie.

– les fêtes personnelles

Les familles se réunissent lors des baptêmes, mariages et funérailles. charivaris par des groupes de jeunes gens aux costumes effrayants.

MARIAGE : A l’origine contrat civil entre deux familles et se déroulant à la maison, il devient un sacrement à partir du XIIe siècle. Durant les quarante jours qui précèdent le mariage, l’église enquête notamment sur les liens de parenté. Le mariage est consommé lors de la nuit de noces, dans la chambre bénie par le prêtre. Au petit matin, les invités servent aux jeunes mariés le chaudeau, un bouillon réparateur. Suivent plusieurs jours de festivités.
fete-mariage                                                                                      Un mariage. David Aubert, Renaut de Montauban,Flandre, vers 1465.
Paris, © Bibliothèque de l’Arsenal, ms 5075, f° 239 v°
Le seul anniversaire fêté est celui des morts, un mois après le décès puis renouvelé chaque année.

– Les fêtes communautaires

Lorsqu’arrivent les beaux jours, villes et villages fêtent les Rogations en déambulant à travers champs pour obtenir la protection divine sur les récoltes.
Le mois de mai voit aussi la célébration des premiers amours : les jeunes hommes plantent une branche d’arbre ou « mai » devant  la maison des jeunes filles en âge de se marier.
Liées à une communauté de fidèles ou à un métier, les confréries honorent leur saint patron par un défilé puis une messe, suivis d’agapes.

DANSES : Aux XIIIe et XIVe siècles, la danse la plus répandue est la carole, où groupes d’hommes et de femmes forment une chaîne ouverte ou fermée et où les femmes dirigent les pas.
Dans les milieux aristocratiques à la fin du Moyen Âge, les danses de groupes sont remplacées par des danses de couples comme la basse danse à la chorégraphie précise, lente et majestueuse.
Au même moment apparaissent les danses de spectacle telles les moresques, au rythme vif, dont dont les costumes évoquent les pays exotiques.fete-ronde                                                                                Ronde autour de l’arbre. Heures de Charles d’Angoulême, Angoumois, v. 1480.
Paris, © BnF, ms Latin 1173, f° 20 v°Dans la noblesse, les tournois permettent aux chevaliers nouvellement adoubés de prouver leur aptitude au combat.

Si la population organise des repas de fêtes assez simples (agneau pascal, crêpes de la chandeleur…), le seigneur tend à impressionner ses convives, notamment au moment de l’entremet, présenté au milieu du repas : entremet théâtral avec reconstitution d’une croisade, pâté géant d’où s’envolent des oiseaux, paon sur lequel on prononce un vœu…

– les fêtes politiques

A la fin du Moyen Âge, deux pouvoirs rivalisent d’imagination dans la conduite des festivités : la royauté et les villes.
Dès le XIIIe siècle, les villes s’emparent des joutes et tournois en se livrant bataille sur la grand place sur laquelle se déroule également le défilé des élites urbaines.
fete-tournoi                                                                                  Les trophées du tournoi. Quinte Curce, Histoire d’Alexandre, Bruges,1470,
Paris, © BnF, ms Français 22547, f° 104

Des chars aux machineries complexes agrémentent ces parades.

LES CHARS : Les chars, originellement simples charrettes portant des acteurs masqués, se transforment à la fin du Moyen Âge en machines plus complexes : en forme de bateau, de licorne, d’éléphant, de cygne…manipulés par des animateurs portant des costumes régis par le thème : un meunier pour le moulin, un équipage de marins pour une nef, voire une garnison complète pour un château.

La grande noblesse tient à rendre publics, lors de processions fastueuses, baptêmes, sacres et funérailles, mais également entrées dans les cités. Dans les rues jonchées de fleurs, lait ou vin coulent à profusion ; tableaux vivants et spectacles à automates animent ce joyeux avènement, savant mélange de propagande politique et de parade.

Renseignements pratiques :

Horaires :
Individuels
 (13h30 – 18h00) : 10/04/2013 – 10/11/2013, du mercredi au dimanche
Groupes : Tous les jours sur rendez-vous

Accès : 20 rue Étienne Marcel, 75002 Paris

consulter le site de la Tour  (certainement en cours de refonte car il est actuellement très « léger »).

Larmes d’albâtre : les pleurants du tombeau de Jean sans Peur

Une toute petite exposition mais magnifique au musée de Cluny à Paris, jusqu’au 13 juin.

Il s’agit des pleurants du tombeau de Jean sans Peur. Ils proviennent du monument funéraire du duc de  Bourgogne et de son épouse Marguerite de Bavière, commandé par leur fils Philippe le Bon en 1443.
A cause de travaux de rénovation au musée des beaux-arts de Dijon, les pleurants ont fait « une tournée » mondiale qui se termine au musée de Cluny avant leur réinstallation au musée de Dijon.

Selon le contrat, les artistes ( Jean de La Huerta  et son successeur Antoine Le Moiturier) devaient s’inspirer au plus près du tombeau de Philippe le Hardi, père de Jean sans Peur. L’ensemble a été réalisé entre 1443 et 1470.

Hors du cadre du tombeau, la muséographie permet ici aux visiteurs de mieux les admirer. Chacun des pleurants a un attitude différente et l’ensemble forme une procession dans laquelle on peut voir à la fois des religieux (chartreux, évêque, chantres) et des membres de la « maison  ducale » (parents et officiers). Une très bonne source pour l’histoire des arts en 5è.pleurants

Pour s’y rendre :

Musée de Cluny
6 place Paul Painlevé
75005 Paris

Jours et heures d’ouverture
Tous les jours sauf le mardi, de 9h15 à 17h45.

C’est gratuit pour les enseignants avec la carte pass !

La demeure médiévale à Paris, expo aux Archives nationales.

Une superbe exposition, très documentée se déroule en ce moment et jusqu’au 14 janvier 2013 aux Archives nationales, rue des Francs-Bourgeois à Paris. Elle est consacrée à la demeure médiévale. Dans la cour des Archives de grandes photographies de certaines de ces demeures.

L’exposition est organisée en 4 parties avec des documents manuscrits (et plusieurs fois une transcription d’extraits), des maquettes, des sculptures, des gravures.

A noter la présence de documents numériques :
– une animation numérique : construction d’une maison parisienne traditionnelle à pan de bois de la fin du Moyen-Age
– une application multimédia interactive permettant de localiser les demeures médiévales en fonction de leur époque
– une restitution en 3D des caves de la maison d’Ourscamp

Les quatre parties permettent la présentation de :
I) La ville de Paris au Moyen-Age
– la ville et son reflet dans les sources historiques
– la demeure dans l’espace urbain
– la demeure médiévale dans le paris actuel (avec en particulier l’hôtel de Clisson)
– les demeures de l’élite parisienne, l’habitat des faubourgs, les maisons sur les ponts.

II) La demeure en chantier
– le décor monumental
– les caves médiévales à Paris

III) Une chambre parisienne à la fin du Moyen-Age
Tout un ensemble de mobilier et d’objets permettent au visiteur d’avoir une idée précise de l’intérieur d’une demeure (à compléter avec ce que l’on peut voir à la Tour Jean Sans Peur dont la maquette est d’ailleurs présente dans cette exposition)

IV) Postérité
Il s’agit de présenter de quelle manière la demeure médiévale  parisienne est restée présente dans la littérature, le cinéma, l’archéologie.

Les ressources : 

Un diaporama en ligne permet de lire et déchiffrer un document manuscrit . Il s’agit d’une charte de 1295 (27 ou 28 juillet) Acte du prévôt de Paris notifiant un rapport d’experts qui donne raison au curé de cette église contre le voyer du roi, Étienne Barbette, au sujet de la légalité de fenêtres percées dans une maison située entre le cimetière et la fontaine des Saints-Innocents.

Ne pas oublier de demander le précieux livret élaboré pour cette exposition : il permet pour chaque document exposé d’avoir un commentaire précis. Il faut d’ailleurs prévoir entre 1h30 et 2h pour pouvoir profiter de toutes les informations de l’exposition conjuguées avec celles du livret. Pour tous les renseignements pratiques, consulter le site des archives nationales