La Tour Saint Jacques ouverte au public cet été.

Depuis début juillet 2013 et jusqu’au 15 septembre 2013, la Tour saint Jacques est ouverte au public pour des visites !
Ces visites sont gérées par les Amis de la Tour Jean sans Peur et ne peuvent se faire que sur réservation dans la limite de 17 personnes !
Pour avoir les modalités de réservation, un mini-site est en ligne.

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Un peu d’histoire :

La Tour Saint Jacques est le seul reste de l’église Saint Jacques de la Boucherie.L’église Saint-Jacques-de-la-Boucherie est consacrée en 1415. À la fin du XVe s., l’église est terminée mais sans nouveau clocher. Les travaux débutent en 1509 et prennent fin pour la Noël 1523.
A la Révolution, l’église est vendue comme bien national mais le clocher n’est pas détruit. Son emplacement en plein centre de Paris était un lieu de guet, par exemple pour les départs de feux.
En 1824, un industriel achète la tour pour y implanter une fabrique de plombs de chasse à l’anglaise, qui perdure jusqu’en 1842.
La Ville de Paris en redevient propriétaire en 1850, le socle de la tour date de cette époque. Les abat-sons des baies sont remplacés par des vitraux, transformant ainsi le clocher de l’église Saint-Jacques-de-la-Boucherie en tour Saint-Jacques. On peut d’ailleurs lire les noms des restaurateurs sur les baies au second niveau de la tour sous le clocher.
La tour a une utilisation scientifique avec l’installation de l’observatoire municipal de météorologie de Montsouris à la fin du XIXè siècle. les météorologues y auront même un logement au premier niveau.
On raconte que Blaise Pascal y aurait fait des expériences mais c’est incertain.Par contre une statue de celui-ci se trouve en bas de la tour sur le socle.

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Différentes restaurations ont eu lieu (milieu du XIXè siècle, d »but du XXè siècle) dont la dernière entre 2006 et 2013 a permis l’ouverture au public.

L’édifice :

La tour fait 54 m de hauteur et il faut gravir environ 300 marches pour arriver au sommet.
La décoration est du style gothique flamboyant

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Les statues sont quasiment toutes des copies car elles étaient très endommagées par la pollution et les pluies acides.

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On peut observer de petits personnages sur les voussures, tel que celui-ci :

P1040693Le 1er niveau de la tour servait de refuge pour les indigents protégés par l’Eglise. On y trouve aujourd’hui des moulages de sculptures dont se sont servis les restaurateurs.
Le second niveau visitable est situé sous le clocher, c’et là qu’était installée la fabrique de plombs de chasse.
Enfin le sommet de la tour; équipé de paratonnerres permet de voir Paris.

La vue de Paris :

Le visiteur, bien fatigué par la montée des marches peut alors découvrir des vues magnifiques de Paris.

La tour est quasiment à la croisée Nord-Sud et Est-Ouest et cette position permet une vue qu’on n’a pas ailleurs dans la ville.

Quelques exemples de ce que l’on peut voir :

la rue de Rivoli avec au loin la Défense.

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Le chantier de construction de la « canopée » du Forum des Halles

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L’île Saint Louis et l’île de la Cité

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Enfin une vue panoramique en direction du Sud.

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La fête au Moyen-Age : expo à la Tour Jean Sans Peur

L’exposition 2013 de la Tour Jean sans Peur est consacrée à la Fête au Moyen Age.

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Au Moyen Âge, un jour sur trois est chômé en raison des fêtes.
Les célébrations religieuses rythment le calendrier, mais l’année est également riche en festivités profanes : les fêtes personnelles, communautaires et politiques sont prétexte à processions, joutes, tournois, festins…qui consolident sans cesse les liens sociaux. Au pied d’un mât de cocagne, au cœur d’un charivari, au milieu d’une farandole, sur un char bariolé, costumé en sauvage ou en fou, l’individu profite d’une vie qu’il sait précaire.

L’exposition est organisée selon 4 grands thèmes :

– Le calendrier chrétien

L’année médiévale compte une quarantaine de jours fériés liés aux fêtes religieuses et comporte deux grands cycles : Noël et Pâques.
Les fêtes sont si intimement liées à la vie quotidienne qu’à certaines (Épiphanie, Saint-Michel, Saint-Rémi…) sont associés les événements de la vie économique : les foires, la perception des impôts…

MASCARADES : Le travestissement fait partie intégrante de la fête. Le thème de la nature inspire de nombreux costumes comme le vêtement vert du premier mai ou bien celui de l’homme sauvage, en vogue dans les cours princières comme au «Bal des ardents» en 1393, durant lequel les costumes du roi Charles VI et de ses amis prirent feu !P1030639A d’autres moments, c’est l’inversion des rôles qui domine : les écoliers se déguisent en professeurs, les hommes en femmes…
Dans les cours, les fous voient leur vêtement évoluer. Simple tenue munie d’une capuche à grelot, il devient costume dépareillé, multicolore, complété par une coiffe en forme d’oreilles d’âne. Son accessoire d’origine, massue ou fléau, devient ensuite marotte à sa propre effigie.

– les fêtes personnelles

Les familles se réunissent lors des baptêmes, mariages et funérailles. charivaris par des groupes de jeunes gens aux costumes effrayants.

MARIAGE : A l’origine contrat civil entre deux familles et se déroulant à la maison, il devient un sacrement à partir du XIIe siècle. Durant les quarante jours qui précèdent le mariage, l’église enquête notamment sur les liens de parenté. Le mariage est consommé lors de la nuit de noces, dans la chambre bénie par le prêtre. Au petit matin, les invités servent aux jeunes mariés le chaudeau, un bouillon réparateur. Suivent plusieurs jours de festivités.
fete-mariage                                                                                      Un mariage. David Aubert, Renaut de Montauban,Flandre, vers 1465.
Paris, © Bibliothèque de l’Arsenal, ms 5075, f° 239 v°
Le seul anniversaire fêté est celui des morts, un mois après le décès puis renouvelé chaque année.

– Les fêtes communautaires

Lorsqu’arrivent les beaux jours, villes et villages fêtent les Rogations en déambulant à travers champs pour obtenir la protection divine sur les récoltes.
Le mois de mai voit aussi la célébration des premiers amours : les jeunes hommes plantent une branche d’arbre ou « mai » devant  la maison des jeunes filles en âge de se marier.
Liées à une communauté de fidèles ou à un métier, les confréries honorent leur saint patron par un défilé puis une messe, suivis d’agapes.

DANSES : Aux XIIIe et XIVe siècles, la danse la plus répandue est la carole, où groupes d’hommes et de femmes forment une chaîne ouverte ou fermée et où les femmes dirigent les pas.
Dans les milieux aristocratiques à la fin du Moyen Âge, les danses de groupes sont remplacées par des danses de couples comme la basse danse à la chorégraphie précise, lente et majestueuse.
Au même moment apparaissent les danses de spectacle telles les moresques, au rythme vif, dont dont les costumes évoquent les pays exotiques.fete-ronde                                                                                Ronde autour de l’arbre. Heures de Charles d’Angoulême, Angoumois, v. 1480.
Paris, © BnF, ms Latin 1173, f° 20 v°Dans la noblesse, les tournois permettent aux chevaliers nouvellement adoubés de prouver leur aptitude au combat.

Si la population organise des repas de fêtes assez simples (agneau pascal, crêpes de la chandeleur…), le seigneur tend à impressionner ses convives, notamment au moment de l’entremet, présenté au milieu du repas : entremet théâtral avec reconstitution d’une croisade, pâté géant d’où s’envolent des oiseaux, paon sur lequel on prononce un vœu…

– les fêtes politiques

A la fin du Moyen Âge, deux pouvoirs rivalisent d’imagination dans la conduite des festivités : la royauté et les villes.
Dès le XIIIe siècle, les villes s’emparent des joutes et tournois en se livrant bataille sur la grand place sur laquelle se déroule également le défilé des élites urbaines.
fete-tournoi                                                                                  Les trophées du tournoi. Quinte Curce, Histoire d’Alexandre, Bruges,1470,
Paris, © BnF, ms Français 22547, f° 104

Des chars aux machineries complexes agrémentent ces parades.

LES CHARS : Les chars, originellement simples charrettes portant des acteurs masqués, se transforment à la fin du Moyen Âge en machines plus complexes : en forme de bateau, de licorne, d’éléphant, de cygne…manipulés par des animateurs portant des costumes régis par le thème : un meunier pour le moulin, un équipage de marins pour une nef, voire une garnison complète pour un château.

La grande noblesse tient à rendre publics, lors de processions fastueuses, baptêmes, sacres et funérailles, mais également entrées dans les cités. Dans les rues jonchées de fleurs, lait ou vin coulent à profusion ; tableaux vivants et spectacles à automates animent ce joyeux avènement, savant mélange de propagande politique et de parade.

Renseignements pratiques :

Horaires :
Individuels
 (13h30 – 18h00) : 10/04/2013 – 10/11/2013, du mercredi au dimanche
Groupes : Tous les jours sur rendez-vous

Accès : 20 rue Étienne Marcel, 75002 Paris

consulter le site de la Tour  (certainement en cours de refonte car il est actuellement très « léger »).

Le musée Curie

Dans le cadre des nouveaux programmes d’histoire de 3è, le thème  1, les grandes innovations scientifiques et sociales incite les enseignants à travailler sur des innovations médicales en particulier. Le musée Curie, situé dans les bâtiments de l’institut Curie,1 rue Pierre et Marie Curie, a fait peau neuve et après 2 ans de travaux, a réouvert en septembre 2012. L’espace muséogaphique nouvellement aménagé mérite qu’on s’y rende. Son financement a été assuré grâce entre autres à un don de la seconde fille des Curie, Eve qui est décédée en 2007.

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La visite commence avec une très grande tablette grâce à laquelle on peut consulter de très nombreux documents sur la vie  de Piere et marie Curie ainsi que leur fille Irène et son mari Frédéric Joliot, eux aussi titulaires d’un prix Nobel.
L’intitulé de cette partie est « la famille aux 5 prix Nobel »
Cette tablette « géante » est très bien quand on est peu nombreux, je ne sais pas ce que cela peut donner avec une classe. J’ai fait la visite avec une seule ado, nous étions seules dans le musée et c’était confortable.
Verdict de l’ado : c’est super.

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Le reste du musée, d’une petite taille est constitué de nombreux objets permettant de suivre Marie Curie dans ses découvertes et sans le livret (au moment où j’ai effectué  ma 1ère visite) l’ado a vite fait le tour !
Conclusion : le livret est indispensable pour une visite familiale. Pour une visite avec une classe il faut plutôt avoir le livret comme support mais ne pas tout faire faire sur place. On peut combiner une « exploration  » du musée avec ensuite un approfondissement à la maison ou en classe avec le livret comme support.

Que peut-on voir ?
La seconde partie : « Le radium entre mythe et réalité » permet de voir non seulement la découverte du radium mais aussi d’étonnants objets qui ont eu un grand succès avant qu’on ne mesure leur dangerosité et qu’ils soient interdits . On parle des « années folles du radium ». Celui-ci servait d’argument publicitaire pour des rasoirs, et autres objets de la vie courante. On vendait des réveils (avec les aiguilles luminescentes) des produits  cosmétiques dont les composants comportaient du radium sensé être bénéfique !

En 1937 il est classé comme poison et est supprimé de tous les produits cosmétiques.

La 3è partie du musée est le « laboratoire Curie, entre physique et chimie ».
Il s’agit du laboratoire (des années 30) de Marie Curie qui a été entièrement « décontaminé » et dont on peut  voir l’aspect austère tout en s’imaginant la chercheuse travaillant derrière sa paillasse.

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La dernière partie est consacrée à la Fondation Curie
Créée en 1921 elle comporte au départ un dispensaire situé juste à côté rue Lhomond.
Dans cette partie sont présentées les techniques de soin du cancer mises au point petit à petit par l’équipe de Marie Curie.

Définitivement interdit en 1976, le radium est remplacé par d’autres éléments radioactifs comme le cobalt 60, l’iridium 192 ou le césium 137.

Enfin est présentée la lutte contre le cancer avec les CLCC (Centres de Lutte Contre le Cancer) qui allient enseignement, recherche et soins. Ils étaient au nombre de 15 durant-l’entre-deux-guerres.
On peut terminer la visite par le jardin créé par Marie Curie en sortant par la porte du fond.
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Pour se rendre au musée : 

Le Musée Curie se situe au 1, rue Pierre et Marie Curie, dans le 5e arrondissement. RER B : Luxembourg. Métro ligne 7 : Place Monge.

Il est  ouvert du mardi au samedi de 13 h à 17h sauf en août, pendant les vacances de Noël et les jours fériés.
L’entré est gratuite mais on peut faire un don à la Fondation Curie.

Les groupes scolaires sont accueillis au musée sur réservation  à musee@curie.fr

La documentation accessible

– Sur place :
Les livrets sont disponibles au format papier, leur mise en ligne n’est pas prévue pour l’instant.
On a un livret pour les 8-12 ans : la couse au radium avec des activités-jeux à réaliser dans le lusée et d’autres en classe ou à la maison.
Le livret destiné aux 13-15 ans est un parcours-enquête qui ne peut  pas être fait autrement que sur place et qui doit pouvoir mobiliser l’attention souvent fugace des collégiens !
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Si on veut se documenter, on peut lire la biographie  Madame Curie, écrite par Eve Curie. C’est absolument passionnant et elle existe en poche.

On peut acheter au musée les Carnets du musée Curie

Il existe aussi une BD écrite par un dessinateur suisse : les vies de Marie Curie

– En ligne :
On peut aussi consulter quelques pages du site de l’Institut Curie et surtout une exposition virtuelle en ligne

La valise mexicaine : expo de photos de la Guerre d’Espagne .

Au musée d’art et d’histoire du judaïsme, rue du temple à Paris, est visible une exposition intitulée : « la Valise mexicaine, Capa, Taro, Chim » du 27 février au 30 juin 2013.

De quoi s’agit-il ? Le sous-titre aide à la compréhension :  « Les négatifs retrouvés de la guerre civile espagnole »

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Ce sont  4500 négatifs d’images de la guerre civile espagnole, prises entre 1936 et 1939 par Gerda Taro – compagne de Capa tragiquement disparue en 1937 pendant la bataille de Brunete –, David Seymour, dit Chim et Robert Capa. On y trouve également des clichés du photographe et ami Fred Stein, représentant Taro.Ces films et clichés racontent aussi l’histoire de trois célèbres photographes juifs, totalement investis dans la cause républicaine, qui, au prix de risques considérables, ont jeté les bases de la photographie de guerre actuelle et donné ses lettres de noblesse au photoreportage engagé.  Les négatifs de la valise mexicaine, présentés ici sous la forme de planches-contact agrandies, dévoilent pour la première fois l’ordre de la prise de vue, ainsi que certaines images totalement inédites.

L’accrochage n’est pas toujours facile pour les visiteurs et on est obligé de se « tordre le cou » pour mieux voir les images, à cause de la forme « planche contact », de la taille (mais on peut prendre des loupes à l’entrée) et de la hauteur à laquelle les planches sont exposées (elles sont un peu trop hautes).

Passés ces inconvénients ,on (re)découvre des images de la guerre civile espagnole : scène de la vie quotidienne, de combats, colonnes de réfugiés, combattants au repos, très jeunes recrues, villes bombardées …
En pendant aux planches, des revues de l’époque avec les photos publiées .
On en sort avec des milliers d’images dans la tête, pour un enseignant d’histoire géographie, une très belle occasion de documentation.

Pour des lycéens,la visite est tout à fait recommandable, par contre  pour des collégiens, c’est moins évident car le programme de 3è ne permet pas d’y consacrer trop de temps sauf à coupler avec l’étude de Guernica en HDA.

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* Pour s’y rendre  (entrée gratuite pour les enseignants avec le « pass éducation »
Musée d’art et d’histoire du Judaïsme
Hôtel de Saint-Aignan
71, rue du Temple
75003 Paris

* En ligne :

le site du musée avec toutes les informations pratiques
le mini-site consacré à l’exposition avec des liens, des vidéos…

Napoléon et l’Europe : expo au musée de l’armée

Une exposition consacrée à « Napoléon et l’Europe » se déroule en ce moment au musée de l’armée aux Invalides depuis le  27 mars jusqu’au 14 juillet 2013.

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L’intérêt de cette exposition réside dans les regards croisés, divers voire opposés, des contemporains, sur des thèmes touchant à la guerre, la politique, la diplomatie, l’administration, la monnaie, la propagande, les arts…
On y voit de nombreuses caricatures anglaises, des monnaies, des exemplaires du Code Civil en plusieurs langues des costumes : par exemple celui dans lequel l’amiral Nelson est mort à la bataille de Trafalgar, ou la pèlerine grise de Napoléon pendant la campagne de Russie, mais aussi des peintures comme le tableau de Goya « Dos de  Mayo », une aquarelle de Turner sur la bataille de Waterloo ou le célèbre tableau montrant Napoléon franchissant  le col du St Bernard.

Elle est très intéressante mais assez longue à parcourir.
Par contre tout a été fait pour que les visiteurs ne se noient pas dans la masse d’informations .
Les plus jeunes ont un livret (à demander à l’entrée ) et des panneaux explicatifs très clairs tout en étant assez détaillés, leur sont destinés tout au long du parcours.
Les adultes peuvent emprunter le « livret du visiteur » avec des commentaires plus détaillés sur certains objets.
Des explications vidéos sont à découvrir comme le commentaire du croquis réalisé par Napoléon pour la bataille d’Austerlitz, ou le journal du lieutenant Chevalier dont on peut voir les dessins et entendre les commentaires, ceux qui concernent le passage de la Berezina montrent l’horreur de cet épisode.

Enfin , un mini-site consacré à cette exposition est en ligne :

http://www.musee-armee.fr/ExpoNapoleonEurope/

On y trouve des images, des textes et des vidéos.
Le livret  jeunes et le livret de visite adulte (il est aussi en anglais et en espagnol)

De quoi prolonger et/ou préparer la visite.
Le numéro du magazine Histoire Junior du mois de mai est en partie consacré à cette exposition

On peut aussi si on est sur place, regarder en sortant la statue de Napoléon dans la cour des Invalides, sous l’horloge. cette statue était à l’origine au sommet de la colonne de la place Vendôme, qui honore la Grande Armée

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Redécouvrir Jean Moulin : expo à Paris

 Le musée Jean Moulin s’est s’enrichit du legs d’une petite cousine de Jean Moulin, ce qui donne l’occasion d’une exposition qui se déroule depuis le 17 avril jusqu’au 29 décembre 2013, alors que c’est le 70ème anniversaire de la disparition de Jean Moulin.

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Cette exposition met en valeur l’homme, sa famille, ses amis, ses oeuvres artistiques et bien sûr sa carrière politique puis son engagement dans la Résistance.

De très nombreux documents permettent de « redécouvrir » Jean Moulin : lettres, photographies, dessins, objets jalonnent tout le parcours de cette vie.
Les thèmes abordés sont les suivants :

– Les années de jeunesse (1899-1922)
– La période savoyarde (1922-1930) :
Plus jeune sous-préfet de France, à Albertville, il développe ses activités artistiques sous le nom de Romanin. On voit dans l’exposition de nombreux dessins satiriques.
Il se marie en 1926 pour divorcer en 1928 .
– La période bretonne (1930-1933)
Sous-préfet à Chateaulin, il se lie avec des artistes dont Max Jacob. Il  illustre le recueil « Armor  » écrit par le poète breton  Tristan Corbière de 8 eaux-fortes (un exemplaire est visible à la fin du parcours de l’exposition). Il utilisera plus tard des vers de Corbière pour coder ses messages.
Il fréquente les salons parisiens et les galeries d’art, publie des dessins dans Gringoire par exemple.
– Aux côtés de Pierre Cot :
De fin 1932 à 1938, il a des postes plus politiques au cabinet de Pierre Cot sous-secrétaire d’Etat aux affaires étrangères. Préfet de Chartres.
En 1934, il se trouve à paris pendant les manifestations de Février. Le 12 Février 1934,  décroit la manifestation du 6 février dans  à ses parents. En voici un extrait  que j’ai recopié :

« Mardi soir je suis allé sur le pont de la Concorde et j’ai pu voir avec quelle sauvagerie les « Croix de feu » et les camelots du roi chargeainet les gardes de l’ordre désarmés.
C’est par dizaines qu’on emportait les blessés dans les rangs des gardes mobiles et des gardiens de la paix. 
Les gardes républicains à cheval étaient désarçonnés par les émeutiers qui tranchaient les jarrets des chevaux avec des lames de rasoir.
J’ai  vu aussi que les premiers coups de feu sont partis des émeutiers.  »
Pendant le front populaire il est rappelé auprès de Pierre Cot et s’occupe en particulier de l’aide aux Républicains espagnols.

– Premier combat : 
il est Préfet de Rhodez en 1938 (le plus jeune préfet de France) et début 1939, Préfet de Chartres.
Pendant cette période , il rédige sous journal « 1er combat » qui sera publié après sa mort.
Après son arrestation suite à son refus d’obéïr aux autorités allemandes, et sa tentative de suicide, il envoie à ses parents une photo pour les rassurer, il a une écharpe autour du cou pour masquer la cicatice. IL est révoqué en 1940 et commence à utiliser une fausse indentité « Joseph Mercier ».

– La mission Rex (1942-1943)
En octobre 1941, il a une première entrevue avec De Gaulle qui le nomme délégué du comité national français pour la zone libre, et il devient « Rex ».

Il est parachuté le 2 janvier 1942 . Son rôle : pourvoyeur de fonds et de matériel de transmission.

On peut voir des objets personnels de Jean Moulin : la toile dans laquelle étaient les ordres de mission quand il a été parachuté, un brouillon de grille de codage avec les vers de Corbière.
Il va créer un  bureau d’information et de presse qui sera chargé des échanges avec Londres.

– L’unificateur de la Résistance
Lors de sa seconde mission auprès de De gaulle, celui-ci le nomme son délégué pour toute la France et il reçoit la Croix de Compagnon de la Llibération, le 17 octobre 1942 sous le nom de « caporal Mercier ».
Il créée le Conseil National de la Résistance et réunit le 27 mai 1943les 18 participants. On peut voir le rapport qu’il a rédigé sur cette réunion.

Arrêté le 21 juin à Calluire dans la maison du docteur Dugoujon, il meurt en juillet lors de son transport en train après avoir été torturé par Klaus Barbie.
On peut voir les portraits et biographies des autres hommes arrêtés comme lui ce jour-là , dont Raymond Aubrac.

– Enquête sur la mort de Jean Moulin
Dans cette partie de l’exposition on peut lire le texte du discours d’André Malraux lors du transfert des cendres de Jean Moulin au Panthéon en décembre 1964, ainsi qu’un exemplaire de son journal « 1er combat » que De Gaulle préfacera.

– La galerie Romanin :
Toute une partie de l’exposition présente la galerie d’art qu’il a ouverte à Nice (inaugurée le 9 février 1943 elle sera fermée après sa mort). Y étaient exposées la collection personnelle de Jean Moulinet des toiles de maîtres (Chirico, Dufy, Matisse …) Il avait voulu se conserver une vie professionnelle, tout en ayant une « couverture » et des contacts avec les résistants de la région de Nice.

Pour en savoir davantage :

se rendre sur place au musée Jean Moulin  : le musée est au-dessus de la gare Montparnasse, il faut sortir à droite depuis la gare le long des voies TGV, trouver un escalier métallique qui mène vers « le jardin de l’Atlantique » et ensuite c’est fléché (pas évident à trouver la 1ère fois).

– L’exposition Redécouvrir Jean Moulin se prolonge sur le Web grâce à l’AERI.
http://www.itineraires-jean-moulin.fr propose sur smartphones, tablettes et ordinateurs de découvrir ou redécouvrir les lieux témoins de l’histoire de Jean Moulin.

De très nombreux documents sont en ligne selon le parcours de l’exposition et permettront en particulier aux élèves préparant le Concours de la Résistance, selon les thèmes futurs d’y trouver de la matière.

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Sur le site de France inter, un article et des petites vidéos, présentent cette exposition.

La mini-série télévisée, adaptée de l’ouvrage Alias Caracalla de Daniel Cordier, diffusée sur France 3 les 25 et 26 mai 2013 à 20h45. Eric Caravaca interprète Jean Moulin, alias Rex. La série est présentée sur le site de France Inter.

Sur le site du magazine L’Histoire, un entretien avec Daniel Cordier  « Mon 27 mai 1943 »

Larmes d’albâtre : les pleurants du tombeau de Jean sans Peur

Une toute petite exposition mais magnifique au musée de Cluny à Paris, jusqu’au 13 juin.

Il s’agit des pleurants du tombeau de Jean sans Peur. Ils proviennent du monument funéraire du duc de  Bourgogne et de son épouse Marguerite de Bavière, commandé par leur fils Philippe le Bon en 1443.
A cause de travaux de rénovation au musée des beaux-arts de Dijon, les pleurants ont fait « une tournée » mondiale qui se termine au musée de Cluny avant leur réinstallation au musée de Dijon.

Selon le contrat, les artistes ( Jean de La Huerta  et son successeur Antoine Le Moiturier) devaient s’inspirer au plus près du tombeau de Philippe le Hardi, père de Jean sans Peur. L’ensemble a été réalisé entre 1443 et 1470.

Hors du cadre du tombeau, la muséographie permet ici aux visiteurs de mieux les admirer. Chacun des pleurants a un attitude différente et l’ensemble forme une procession dans laquelle on peut voir à la fois des religieux (chartreux, évêque, chantres) et des membres de la « maison  ducale » (parents et officiers). Une très bonne source pour l’histoire des arts en 5è.pleurants

Pour s’y rendre :

Musée de Cluny
6 place Paul Painlevé
75005 Paris

Jours et heures d’ouverture
Tous les jours sauf le mardi, de 9h15 à 17h45.

C’est gratuit pour les enseignants avec la carte pass !