Expo – Plongez au coeur de la tragédie du Titanic

Un nouvel espace muséographique permanent vient d’ouvrir à la cité de la mer à Cherbourg, dédié à l’aventure dramatique duTitanic, à l’occasion du centenaire du naufrage du « Leviathan » moderne, tel que le mentionne la seule source locale consacrée à l’événement, un entrefilet dans le Cherbourg-Eclair, en avril 1912.

Car cet espace muséographique n’est pas musée au sens premier du terme. Sa mission n’est pas de conserver et d’exposer au public des traces – objets, témoignages – du Titanic ou de l’émigration transatlantique. C’est donc sous l’angle de la reconstitution, de l’émotion, notamment grâce àla puissance de la scénographie numérique, que les visiteurs sont plongés – presque littéralement ! – dans un pan de l’histoire de la fin du IIe millénaire.

Ici, c’est le lieu de mémoire qui est l’objet muséal, comme l’explique Clémence Farell, responsable de la muséographie : « Il existe une espèce de réminescence de l’histoire, à cause du bâtiment lui-même. »

Après avoir traversé l’immense de la gare maritime, de style art déco (1933), qui permettait de joindre la gare Saint-Lazare, les capitales européennes, à New York, les visiteurs grimpent sur la galerie qui surplombe les quais. Le Titanic, trop imposant alors, mouillait dans la rade de Cherbourg tandis que des transbordeurs assuraient la navette. Deux immenses passerelles mobiles, sur les neuf en fonction, témoignent encore de l’échelle gigantesque de l’infrastructure. Sur cette galerie, des panneaux – egalement accessibles en langage des signes – retracent l’histoire de l’épopée transatlantique et de son contexte historique. Le visiteur pénètre ensuite dans la majestueuse salle des bagages, au décor fonctionnel épuré fait de bois, de métal ferroné et de verre tamisé. La salle forme ainsi un vaste quadrilatère dont l’épine centrale permettait l’enregistrement des bagages, dessinant ainsi la forme d’un hippodrome antique. Des bancs longeant les murs permettaient d’ailleurs aux voyageurs de profiter du spectacle.

Sur les murs, des projections vidéos numériques invitent le visiteur à approndir ses connaissances du contexte historique, de manière interactive. La réalité augmentée permet ai nsi de se saisir du documentaire à la manière de la Kinect (la console de jeu sans manette) pour l’explorer comme un logiciel : on découvre ainsi l’univers social et les conditions de voyage des 1ères, 2èmes et 3èmes classes, ainsi que de nombreux portraits de voyageurs ou d’émigrants. L’usage est cependant vite fastidieux et les conditions de lecture, bien que l’information soit très lisible, documentée, hiérarchisée, sont peu évidentes, d’autant que le manipulateur de l’information devient une sorte de DJ, et pour peu qu’un esprit enfantin prenne les commandes…

 

La descente vers l’étage inférieure reconstitue l’entrée dans le paquebot. Sur un énorme mur concave, un film numérique d’une quinzaine de minutes, assorti de témoignages de passagers du Titanic, d’archives de communication, de statistiques sur la traversée, dans des ambiances sonores différentes selon les moments de la traversée, retrace minute par minute le voyage vu depuis la proue du navire, du départ de Cherbourg au naufrage. Les dernières heures défilent cependant à un rythme plus lent pour renforcer l’intensité dramatique.

La visite se poursuit ensuite dans un un espace qui ressemble à un pont de paquebot, reconstituant les décors, les lieux du Titanic dans les trois classes différentes. Des animations numériques, des films de reconstitution, de cinéma, permettent de mieux comprendre le fonctionnement, du navire, les causes complexes du naufrage (au-delà de la percussion dun iceberg), et la portée de l’événement.

Cette exposition tend ainsi à satisfaire un large public, familial, amateur d’histoire maritime, de l’âge d’or des transatlantiques, aux fans de l’épopée du Titanic… par le biais du numérique, de la réalité augmentée, favorisant l’immersion et l’émotion. Néanmoins, l’information contextuelle répond en permanence aux animations pour mieux comprendre l’époque et l’événement, bien qu’on puisse s’interroger sur certains dispositifs où l’approche ludique peut nuire à l’accès à l’information.

Centrée sur le label vendeur du Titanic, l’exposition permet surtout la reconnaissance du rôle important du port de Cherbourg dans l’émigration européenne vers les Etats-Unis, dans un espace patrimonial unique. On pourrait alors souhaiter la constitution et l’exposition d’un fond muséographique sur la cette thématique, pour ne pas en rester aux reconstitutions virtuelles. Mais est-ce l’ambition ou la vocation d’un lieu comme la Cité de la mer ?

La Cité de la mer a développé le concept de « parc d’attraction ludo-culturel », il n’est pas possible de ne payer un droit d’accès que pour l’exposition Titanic, et il vous en coûtera 18€ pour un adulte.

 

A lire :

http://www.lapressedelamanche.fr/fr/actualites/le-titanic/default.asp

Edition d’un cahier géant spécial de la part du journal régional, abondamment illustré.

 

http://www.normandie-aufil.fr/

Le n° de mai du magazine Au fil de la Normandie consacre un dossier complet à l’exposition.

 

Sur le web :

http://cherbourg-titanic.com/

Un site spécial édité par la Cité de la mer, qui regroupe de nombreuses analyses historiques et des médias. Un site qui peut servir de base ou d’accompagnement pour une activité pédagogique.

 

 

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